‹ L'abbé de Saint-PierreChapitre 119 sur 287 · Ouvrages de politique et de morale, t. II, p · texte numérisé non relu

Ouvrages de politique et de morale, t. II, p

l'abbé de saint-pierre politique

l'utilité de la patrie. Ils prônent autant qu'ils peuvent et attachent une sorte de distinction aux fainéants comme eux qui ne se piquent que d'être agréables à la Cour ou dans le monde, qui raffinent sur les modes, sur les parures, sur les habits, sur les ajustements. «

On peut se demander si ce n'est jms une réponse aux violentes attaques de M. le duc de Saint-Simon contre les Saint-Pierre. La réponse touchait d'autant mieux son but que le fameux annaliste, si entiché et si jaloux, comme l'on sait, de tous les privilèges de la noblesse, si pointilleux sur les rangs et les préséances de son ordre, avait compliqué son système des Conseils de mille détails d'étiquette qui le compromettent à nos yeux par une teinte de ridicule.

L'abbé de Saint-Pierre ne borne pas seulement ses attaques au titre de duc. Il veut également limiter les titres de comté à trente et les attribuer aux lieutenants généraux et ceux de vicomte à soixante. Il réclame aussi la suppression de l'ordre du Saint-Esprit, cet établissement puéril d'Henri III. « Le roi y gagnerait plus de quatre cents livres de rente qu'il pourrait employer à des établissements très utiles à la nation, il y gagnerait même d'être dispensé de vaines cérémonies très ennuyeuses ^. » L'ouvrage se termine par la maxime de Salomon : Da illi honorem secundum meritum suum.

Napoléon I^^ a repris l'idée de l'abbé de Saint-Pierre en instituant une noblesse militaire avec ses maréchaux ducs et ses généraux comtes. Mais le titre devenait héréditaire. La légion d'honneur se rapprocherait davantage du système de l'abbé de Saint-Pierre, puisque le titre est personnel et viager et qu'il est aussi, en quelque sorte, un brevet de noblesse — brevet bien supérieur à l'autre parce que fondé non plus sur la naissance mais sur le mérite du citoyen.

L'abbé de Saint-Pierre, qui préconisait ardemment l'utilité des mémoires politiques, avait cru devoir en composer lui-même,

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