‹ L'abbé de Saint-PierreChapitre 12 sur 287 · Ms. 950, p · texte numérisé non relu

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2. C'est l'abbé lui-même qui fait le rapprochement dans l'adresse au roi qu'il place en tête de son Mém,oire pour diminuer le no7nbre des procès. « L'entreprise que j'ai l'honneur de proposer dans cet ouvrage à Votre Majesté n'est pas de faire cesser en Europe les guerres civiles et étrangères, c'est de diminuer très considérablement entre les familles de vos sujets le nombre prodigieux de procès qui sont des espèces de guerres entre les citoyens. »

3. Il suivait l'exemple de son grand-père, Nicolas Castel, qui, d'après les mémoires de Charles Castel, était « souvent pris pour arbitre aux grandes affaires». On trouve dans le Magasin pittoresque (année 1846, p. 54-55) un conte de l'abbé de Saint-Pierre et la façon originale avec laquelle il mit fin au procès du chevalier de Saint-Pierre et du vicomte de Beauvilliers à propos de la succession du marquis de Villars.

4. Ouvrages de politique et de morale, t. XIII, p. 168. L'abbé rappelle aussi cette anecdote dans les Annales Politiques {Ms.de l'Arsenal 3719, 130 H F) et il ajoute : « Après avoir été guéri de cette humeur mélancolique, ■ j'en ai guéri mon neveu, le marquis de Saint-Pierre, dans le temps qu'il songeait à 15 ans à se faire jésuite. Je le mis dans les pages du feu roi Louis XIV et il fut bientôt guéri. »

LES PREMIÈRES ANNEES

petite vérole de l'esprit et que cette maladie prenait ordinairement entre quinze et dix-huit ans... Je fus attaqué à dix-sept ans de cette maladie. J'allai me présenter au père prieur des prémontïés réformés d'Ardennes auprès de Caen. Mais, par bonheur pour ceux qui profiteront de mes ouvrages, ajoute-t-il modestement, il douta que j'eusse assez de santé pour chanter longtemps au chœur et me renvoya consulter un vieux médecin du château de Caen, nommé Monlien, qui me dit que j'étais d'une santé trop délicate. J'ai donc eu cette maladie, mais ça n'a été qu'une petite vérole volante dont je n'ai point été marqué. »

L'abbé ne dit que trop vrai quand il déclare que cette variole a passé sur lui sans laisser de trace. L'évêque, qui lui administra la prêtrise, n'a pas eu malheureusement l'œil clairvoyant du prieur d'Ardennes. Car, si l'abbé de Saint-Pierre a été prêtre, il l'a été si peu ou plutôt si mal qu'on s'est demandé même s'il l'avait jamais été.

L'auteur des Recherches historiques sur le canton de Saint- Pierre-Eglise est d'avis qu'il entra seulement dans les ordres mineurs. « S'il eût été promu au sacerdoce, dit-il, il aurait pris la qualité de prêtre dans les actes religieux où il intervint. On l'aurait vu officier quelque part, surtout à Saint-Pierre-Eglise où il venait souvent. Or dans les registres de catholicité, nous rencontrons son nom à chaque page, il figure comme parrain ou comme témoin dans un grand nombre de baptêmes et de mariages. Tous ses titres y sont soigneusement et longuement énumérés, nulle part il n'est porté comme prêtre, jamais il n'administre les sacrements. Et certes, s'il en avait eu les pouvoirs, on n'aurait pas manqué de lui déférer cet honneur, au baptême de ses neveux principalement ^. »

La question est nouvelle ; aucun des biographes de l'abbé de Saint-Pierre ne l'a même entrevue, malgré l'intérêt qu'elle présente. On nous permettra d'apporter notre contribution pour l'éclaircif.

Nous verrons plus loin qu'au titre d'abbé de Tiron, l'abbé de Saint-Pierre a réuni celui d'aumônier de la duchesse d'Orléans. Que le premier de ces titres ne prouve rien, l'abbaye de Tiron pouvant être un bénéfice simple ou à simple tonsure, nous le

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