‹ L'abbé de Saint-PierreChapitre 125 sur 287 · Di'ine royale, ch. VII et X · texte numérisé non relu

Di'ine royale, ch. VII et X

l'abbé de saint-pierre politique

de Saint-Pierre eut le mérite d'en rappeler l'utilité au gouvernement qui semblait l'avoir oubliée.

« Notre politique est encore dans l'enfance, écrit-il ^, puisque nous en sommes encore à dire que nos ministres, chacun dans son département, devrait avoir soin de procurer au public des dénombrements exacts de tout ce qui entre dans la science du gouvernement... Nous avons grand intérêt d'avoir dans cette science un grand nombre de démonstrations. Or nous ne pouvons les avoir solides qu'en réduisant toutes les preuves à la simple arithmétique fondée sur les dénombrements. Les bons dénombrements tâchent d'estimer tout par rapport au revenu annuel en argent comme un point fixe d'estimation du nombre et de la grandeur des avantages et des désavantages annuels d'un projet. Or, comment fonder sur chaque matière des calculs arithmétiques si le ministère ne nous procure des dénombrements exacts sur toutes ces matières. »

L'abbé propose alors de dresser les statistiques par l'intermédiaire des intendants qui enverront au roi des mémoires sérieux et détaillés à l'aide des documents qu'ils auront recueillis sur place. Un bureau, composé de membres appartenant à l'académie politique, le bureau des dénombrements, centraliserait tous les renseignements et les ferait imprimer tous les cinq ans au moins pour les donner au public, « afin que, tombant entre les mains des politiques spéculatifs, ils puissent, avec le loisir qu'ils ont, en faire des combinaisons utiles au bien public )>.

Aujourd'hui, les données de la statistique servent de base aux moralistes, aux économistes et aux politiques : elle est considérée comme un instrument nécessaire et le cercle de ses informations tend toujours à s'élargir. Le passage, que nous avons reproduit, ne semble donc être qu'une suite de vérités banales qu'il est inutile de rappeler parce que tout le monde les connaît et ne les discute pas... Mais il faut songer, pour bien juger l'abbé de Saint-Pierre, qu'au moment où il écrivait, rien n'existait encore pour renseigner le gouvernement sur le mouvement de la population, sur l'étendue exacte du territoire, sur la quantité des importations et des exportations, à plus forte raison sur les matières de moindre importance.

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