‹ L'abbé de Saint-PierreChapitre 147 sur 287 · Ouvrages de politique et de morale, t. VII, p · texte numérisé non relu

Ouvrages de politique et de morale, t. VII, p

l'abbÎê dé saint-pierre économiste

L'abbé de Saint-Pierre nous donne la liste de ces malheureux : il y a les infirmes comme les aveugles ; il y a les orphelins et les enfants trouvés, les « incommodés à cause de leur grande vieillesse », les nombreuses familles qui « ont besoin d'une partie de leur subsistance, les uns plus, les autres moins, à proportion du nombre des enfants ^ )). Au nom de la solidarité sociale, comme on a coutume de dire maintenant, au nom de la charité et de l'amour du prochain, comme disent les chrétiens, la société a le devoir de s'occuper de ces déshérités pour les secourir quand la famille n'est pas là pour le faire — c'est le cas des enfants trouvés — ou quand elle est elle-même dans le dénuement. « Si une société civilisée, dit M. Gide ^, doit laisser mourir de faim ses enfants et ses vieillards, mieux vaudrait retourner à l'état sauvage où on les étrangle, il est vrai, mais pieusement et pour ne pas les laisser longtemps souffrir. »

L'abbé organise l'assistance de ces pauvres en demandant la création de maisons particulières, comme les Quinze- Vingts, pour les infirmes et d'hôpitaux-écoles pour les enfants trouvés. Les orphelins, qui ont de la parenté pauvre, disait-il, sexaient placés chez ces parents que la paroisse aiderait de ses aumônes. Quant aux familles nombreuses, les paroisses devaient être chargées de les secourir à domicile, de même que les pauvres honteux résolus à souffrir la dernière misère plutôt que d'aller à l'hôpital ^.

L'abbé de Saint-Pierre ne considère l'hôpital que comme un moyen auquel on doive recourir le moins souvent possible, sauf en cas de nécessité. « On voit, dit-il, beauconp de pauvres familles composées de père et de mère, aïeul on aïeule et de beaucoup d'enfants et de petits-enfants, qu'il faut faire subsis^ter chez eux, plutôt que de les distribuer dans diverses maisons de l'hôpital général*. » Il en donne trois raisons : « Premièrement, parce qu'étant sous la discipline des parents, les enfants en sont mieux soignés et mieux disciplinés. Secondeffietït, parce qtte, en leur donnant de quoi les nourrir deux ou trois jours la semaine, cela avec leur travail suffît pour les soutenir, au lieu que dans

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