Ouvrages de politique et de morale, t. VII, p
l'hôpital il faudrait qu'ils tirassent toute leur subsistance de chaque semaine entière aux dépens de l'hôpital. En troisième lieu, parce qu'ils travaillent davantage et plus utilement chez eux que dans l'hôpital, parce qu'ils travaillent pour eux-mêmes et l'augmentation de travail enrichit l'Etat ^. »
Pour examiner les titres et la situation des pauvres, l'abbé propose de créer un bureau spécial dans chaque paroisse. A Saint- Roch de Paris, les quinze prêtres des quinze quartiers de la paroisse se servent d'un modèle d'information imprimé « pour faire avec exactitude et avec facilité les informations de la pauvreté de celui qui demande du secours ^ ». Pourquoi ne pas procéder de la même façon dans les autres paroisses ?
Pour se procurer les fonds nécessaires, l'Etat peut recourir à l'impôt : Ainsi, « il n'y a qu'à augmenter un peu la taxe des maisons à proportion de leur loyer ^ ». Mais l'abbé compte aussi sur l'aumône volontaire : il l'appelle Vaumône de bienfaisance par opposition à Vaumône de justice, ou taxe exigée par l'Etat. Afin de susciter ces dons volontaires, il demande qu'on établisse dans chaque paroisse un registre des bienfaits où seraient inscrites les personnes les plus charitables et les plus généreuses. Il désire aussi que les directeurs des compagnies de charité donnent des preuves publiques du bon emploi des fonds : Si l'on pouvait soupçonner dans la paroisse une mauvaise administration de l'argent réservé aux pauvres, l'aumône volontaire diminuerait beaucoup et pourrait peut-être s'anéantir
A côté des vieillards, des enfants, des infirmes et des nombreuses familles, se trouve la catégorie des pauvres qui peuvent travailler. Pour ces derniers, l'abbé préconise à très juste titre l'assistance par le travail ; et c'est dans ce but que le Projet "pour renfermer les mendiants a été écrit. Il y a de très grands inconvénients à leur faire des aumônes manuelles : Le premier, dit l'abbé, c'est que ceux qui reçoivent le plus ne sont pas ceux qui méritent le plus ; le deuxième, c'est que ces aumônes accoutument à la fainéantise qui produit de petits fripons, des filous et des voleurs de grand chemin ; le troisième, c'est que ce ne