Ouvrages de politique et de morale, t. V, p
3. L'abbé entend par ancienne noblesse la famille qui peut prouver par titres une filiation noble depuis deux cents ans.
4. Ouvrages de politique et de morale, t. V, p. 227. ,5. Ihid., p. 244.
l'abbé de saint-pierre économiste
ils n'ont donc nulle connaissance de la situation des affaires générales de l'Europe ! La supériorité des troupes se trouve toujours là où est la supériorité d'argent et cette supériorité appartient aux nations commerçantes.
Pour honorer encore plus la profession des marchands maritimes, l'abbé de Saint-Pierre demande au roi de donner tous ^es deux ans une patente de noblesse à une famille de marchands choisie au scrutin perfectionné. Il pose une condition : « C'est que les enfants qui iront s'établir ailleurs que dans la ville de commerce avant cinquante ans... ne jouiront pas du privilège de noble et seront censés avoir dérogé ^ ». De cette manière on remplacera les familles nobles qui s'éteignent et ce sera en donnant de l'émulation « pour avancer le commerce et pour y faire demeurer les anciennes familles de commerçants dans les villes marchandes et dans le commerce au moins deux ou trois générations. »
La seconde partie du projet de l'abbé a trait au perfectionnement de la compagnie des Indes. Au lieu d'une régie comptable, il voudrait une régie à forfait, c'est-à-dire une ferme avec un seul actionnaire : le roi, qui achèterait le fonds de la compagnie. Il fallait, pour la bonne exécution de ce plan, exposer aux fermiers associés les principales conditions du bail perpétuel et l'abbé en donne un « canevas « en dix articles avec des éclaircissements et des réponses qui ne tendaient rien moins qu'à modifier presque entièrement l'organisation de la compagnie 2. Il déclare, en terminant son opuscule, que la question « mériterait un autre mémoire plus détaillé encore que celui-ci » et qu'il y travaillera probablement « afin que l'établissement puisse être prêt à se former la dernière année du bail perpétuel ^ ». Son vœu ne s'est pas réalisé. Il avait dit que s'il prenait la plume, c'était dans la vue d'engager les gouvernants à augmenter tous les jours le commerce maritime et il avait ajouté : « Sans une pareille espérance, je laisserais là mes observations et je porterais mes vues sur d'autres matières importantes à l'augmentation du bonheur de notre nation ^. » Peut-être jugea- t-il le gouverne-