‹ L'abbé de Saint-PierreChapitre 159 sur 287 · Juillet 1759. 7^ série, p. 170 (Paris · texte numérisé non relu

Juillet 1759. 7^ série, p. 170 (Paris

2. Avantages que doit produire V agrandissement continuel de la ville capitale d'un Etat. (Oumugies de politique et de morale,, t. IV. 102-165).

mieux penser que plus une capitale est grande, plus il est difficile de la maîtriser et cela pour deux raisons : d'abord parce qu'elle est matériellement plus forte et en second lieu parce qu'au point de vue moral elle sait qu'elle représente la nation toute entière qui suivra docilement les décisions qu'une révolution parisienne aura décrétée.

Ces réserves faites, nous reconnaissons que les autres avantages que l'abbé de Saint-Pierre nous expose ont une grande valeur ; et notamment le progrès de la raison et des connaissances utiles dépend dans une certaine mesure de la centralisation, des livres, des publications, des documents en un même lieu. Au reste à quoi bon s'insurger contre un fait ; l'avenir a réalisé le vœu de l'abbé et, pour ne parler que de la France, c'est en vain qu'on voudrait empêcher cette attirance que Paris ne cesse d'exercer. Lorsqu'on créa les Universités de province, c'était dans un but de décentralisation, et certains pensaient que les étudiants s'achemineraient moins nombreux vers la capitale. Les statistiques prouvent qu'ils ont été déçus.

L'agrandissement de Paris doit amener avec lui plusieurs perfectionnements nécessaires. « Il faut, par exemple, augmenter le nombre des principaux magistrats pour la police, pour le civil et pour le criminel et par conséquent augmenter le nombre de leurs tribunaux. Il faut divers lieutenants de police pour les divers quartiers d'environ cent mille habitants ; mais il faut un magistrat général de police choisi parmi les lieutenants, ce magistrat aura seul relation à la cour pour en recevoir les ordres importants... Il faut augmenter en proportion la facilité de la navigation ; il faut augmenter la facilité des voitures et des chemins qui tendent à la capitale. Il faut élargir insensiblement les rues du centre. Il faut multiplier et agrandir les halles et les places des marchés ; il faut, à proportion des habitants, augmenter les bâtiments et les revenus des hôpitaux et des maisons de correction ^. )>

Toutes ces réformes ne se sont-elles pas réalisées, depuis la création des commissaires de police de quartiers et du préfet de police jusqu'aux embellissements auxquels M. Haussmann a attaché son nom.

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