Ouvrages de politique et de morale, t. IV, p
projets ; et pour en montrer la solidité il les applique aux événements passés : « Qu'y a-t-il de plus propre à persuader de les mettre en exécution, remarque-t-il ^, que de faire sentir aux lecteurs que, si dès ces temps là ils avaient été établis, ces malheurs ne seraient point arrivés aux rois ni à leurs sujets. » Celuilà c'est son principal but, et l'on devine aisément à quelles conséquences absurdes il conduit, si l'on sait que l'abbé ne tient aucun compte des circonstances de temps et de lieu. L'établissement du scrutin perfectionné, la signature des cinq articles de la Paix Perpétuelle lui hantent tellement le cerveau qu'il en parle à tout propos. Il exposera les avantages que César, Pharamond ou Clotaire ^ en auraient pu tirer. Il remontera même plus loin dans l'histoire pour nous expliquer avec un sérieux qui fait sourire que Romulus n'eût pas été mis à mort s'il avait eu la précaution de faire élire son sénat au scrutin perfectionné ^ ! (( Mais, conclut-il tristement, on était encore bien éloigné alors de cette admirable méthode que la raison humaine laisse encore inutile dans la plupart des Etats »
Voilà le critérium historique de l'abbé de Saint-Pierre dans les Observations pour rendre la lecture des hommes illustres de Plutarque beaucoup plus agréable et plus utile ^, dans la vie de Lueur gue ^ et dans la vie de Solon ^.
Ce sera le même critérium dans les Observations politiques sur le gouvernement des rois de France ^, dans la vie du czarPierre I^^ ^ et dans les Eé flexions morales et politiques sur la vie de Charles XII roi de Suède'^^. Seulement, les faits que raconte l'abbé de Saint- Pierre étant plus récents, les allusions à ses projets paraissent moins bizarres, abstraction faite des chapitres qui ont trait aux premiers rois de France.
Enfin, les Annales Politiques méritent une place à part, et