Ouvrages de politique et de morale, t. XVI, p
l'abbé de saint-pierre historien
grands bienfaiteurs de leur patrie } » Ils ont donné de bonnes lois à leurs concitoyens, « ils leur ont montré et fait agréer les meilleurs moyens de diminuer leurs maux et de multiplier leurs biens... voilà pourquoi je penche à les regarder comme les deux plus sages et les deux plus estimables d'entre les Grecs, et je n'en vois point effectivement de plus grands parmi les hommes illustres de Plutarque ^. » C'est la véritable conclusion de l'abbé de Saint-Pierre, bien qu'elle se trouve en tête de la vie de Solon.
L'intérêt de l'humanité a encore conduit notre auteur à écrire des « réflexions morales et politiques » sur deux hommes qui firent beaucoup de bruit en Europe au début du xviii^ siècle : Pierre I et Charles XII. « J'ai fait en lisant leur vie, nous dit-il ^, plusieurs réflexions qui peuvent apporter quelque utilité non seulement aux souverains futurs leurs pareils, mais encore à ceux d'entre les particuliers qui, animés d'une ambition louable, chercheront avec empressement à surpasser de beaucoup leurs pareils en talents et en vertus pour devenir plus utiles à leur patrie. » Pour parler plus brièvement, ces réflexions auront comme but de nous montrer que les événements se seraient déroulés de meilleure façon si Charles XII et Pierre I^^ avaient appliqué les projets de l'abbé de Saint-Pierre.
« Pour moi, disait Grimm j'avoue que j'aime jusqu'à son rabâchage éternel ; il renvoie partout à son scrutin perfectionné et à sa diète européenne avec une confiance qui m'amuse beaucoup. » Grimm faisait cette remarque à propos des Annales Politiques. S'il avait lu la Vie du Czar Pierre I^^, empereur de Moscovie, peut-être aurait-il changé d'avis, car la monomanie de l'abbé tient réellement trop de place dans les jugements qu'il émet ici, ce qui ne l'empêche pas cependant de rendre justice à la grandeur de Pierre, à son intelligence et à sa volonté.
La Vie de Charles XII n'a pas le même inconvénient. A part une allusion au Plan d^éducation des Dauphins que nous étudierons plus loin ^, l'abbé de Saint-Pierre ne semble pas avoir la