Ouvrages de politique et de morale, t. IX, p
l'abbé de saint-pierre historien
apprend que Caribert était passionné pour les sciences et pour les arts ; oe pourquoi il lui pardonne d'avoir jDiatiqué la polygamie. Il était, dit-il, du nombre de ceux qui se croient cela permis ^. Savez- vous pourquoi il a un faible pour Dagobert ? C'est à cause d'une réponse qu'il fit un jour à Judicaël, comte de Bretagne, et qui laisse l'abbé dans l'admiration. Invité à dîner par le roi, le comte refuse parce qu'il avait promis d'aller ce jour-là chez saint Ouen, chancelier de France. « Ce n'est que trop juste, dit poliment Dagobert. Il faut que la vertu soit préférée à la puissance 2. » Passons sans insister et arrivons aux Carolingiens.
Pépin le Bref est un usurpateur et l'abbé en profite pour disserter sur la monarchie héréditaire. « Pépin, dit-il, fit rendre justice entre ses voisins et rendait justice à ses sujets. Mais il ne rendit pas justice à la famille de Clovis sur laquelle il usurj^a la couronne. Je dis usurpa, car ni le concile national de Soissons, ni les Etats du royaume, ni la décision des papes ne sauraient jamais couvrir suffisamment l'injustice de cette usurpation. Je conviens que Childéric III n'était pas capable de gouverner un grand royaume, mais il pouvait s'en reposer sur un ministre général ; et d'ailleurs un prince imbécile peut avoir un fils qui sera lui-même homme de mérite. Enfin le droit héréditaire vaut incomparablement mieux pour les monarchies mêmes, que le droit Electif parce que l'on n'a pas encore mis en œuvre la méthode du scrutin perfectionné dans les élections des rois, pour éviter les cabales intérieures et extérieures qui se font, toujours pour l'Intérêt particulier au préjudice de l'Intérêt public ^. »
L'abbé consacre douze pages à Charlemagne Il ne lui refuse pas catégoriquement, comme à Louis XIV, le surnom de Grand ; mais il ne le classe qu'au rang des hommes illustres, parce qu'il n'a pas fait un assez bon usage de sa puissance. Il lui reproche d'avoir partagé par son testament la monarchie Eranque entre ses trois fils « au lieu de donner toute l'autorité à l'aîné et les apanages aux cadets. » Il ne se doute pas que le pouvoir royal