‹ L'abbé de Saint-PierreChapitre 174 sur 287 · Ihid., p. 70 à · texte numérisé non relu

Ihid., p. 70 à

était alors considéré comme la propriété privée du monarque au même titre et dans les mêmes conditions que les autres éléments de son patrimoine, ses terres, ses armes ou ses troupeaux. L'abbé du reste ne paraît pas très bien renseigné sur cette période, car il ne dit pas, lui, l'auteur du Projet pour perfectionner le commerce de France, que Charlemagne fut un de ses devanciers, en s'efforçant d'établir l'unité des poids et des mesures, en favorisant l'agriculture et en protégeant le commerce. Il conclut même : « Charlemagne aimait les arts et les sciences, il fit venir des savants et entre autres Alcuin, anglais, mais je ne vois pas de collèges établis de son temps ^. « Il ne sait donc pas que Charlemagne créa de petites et de grandes écoles, et qu'il présidait lui-même, sous le nom de David, les séances de l'école Palatine qu'il avait fondée. L'abbé, il est vrai, n'avait que Velly pour le documenter ; c'est une circonstance atténuante.

A propos de Louis le Débonnaire, notre auteur se livre à une démonstration de linguistique pour démontrer l'identité des deux noms de Clovis et de Louis : « Clovis en latin s'écrivait communément par les uns Hlodovicus, et par les autres Hlodoveus et jamais Cludovicus. Ce n'est que par les modernes qu'il a été écrit Clodoveus. Or que signifie la lettre H avant la lettre L ? Quelques-uns croient que c'est pour signifier que cette lettre L se prononçait comme elle se prononce dans le mot mouillé ; et ce qui me ferait pencher de cet avis, c'est que j'ai observé que dans certaines provinces, les paysans prononcent ainsi le mot Louis par la lettre L mouillée : il paraît même, par le mot latin que nous devrions prononcer Lovis comme Clovis et non par Louis ^. ))

Louis le Pieux, qui eût dû, d'après l'abbé, se faire seconder par un ministre général, lui procure l'occasion de nous parler des quatre conditions qu'il faut exiger de tout ministre : esprit supérieur, habileté dans la science du gouvernement, naissance commune, grande probité ^. « Mais Louis le Débonnaire n'avait aucun scrutin à consulter pour connaître la différente valeur de ceux qu'il devait appeler au ministère comme les plus habiles et les plus vertueux de son royaume ; et comme il n'avait ni la

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