Ibid., p
l'abbb de saint-pierre historien
colère, ni le courage, ni l'esjjrit de son père, c'était une espèce de nécessité qu'il changeât souvent de ministres et qu'il eût un gouvernement faible et inconstant. »
Sous Charles le Chauve, ce sont les prétentions des papes à déposer les rois qui occupent plus spécialement l'abbé ^. Avec Louis II le Bègue nous rencontrons une première attaque contre la vénalité des charges ^. L'auteur y revient un peu plus loin ^ en la donnant comme une des causes principales qui ont amené la décadence de la monarchie franque. Le partage du royaume entre les enfants mâles en est la seconde cause. La troisième — la plus importante — l'abbé l'expose sententieusement comme conclusion aux observations sur les rois de la seconde race. « La maison de Charlemagne, dit-il, périt par des Maires du Palais successifs et trop puissants, et particulièrement faute de diète européenne qui seule, comme immortelle, peut conserver toujours les maisons souveraines d'Europe »
Le premier roi de la dynastie capétienne Hugues 1^^ n'était pas sans défauts ; mais l'abbé les lui pardonne^. Il ne lui tient même pas rigueur de son insurpation « parce qu'elle s'est justifiée tant par l'extinction de la famille intéressée, que par la possession légitime et continue de ses successeurs. Henri I^^ succéda à Robert le Pieux malgré sa mère qui voulait faire élire Eudes, son fils cadet. L'abbé remarque que la succession du fils aîné du roi à la couronne n'était pas encore solidement établie par les lois ; et il y voit la preuve « de la barbarie et de l'ignorance grossière de la politique » à cette époque ^.
« Une autre preuve d^ la grande ignorance de ce siècle-là dans les matières les plus importantes, c'est l'erreur extravagante où étaient les grands et les petits, qu'un pèlerinage à Jérusalem était un moyen beaucoup plus efficace pour le salut, que les œuvres de justice et de bienfaisance que chacun pouvait faire tranquillement dans sa condition. Ainsi parmi les pèlerins de la