‹ L'abbé de Saint-PierreChapitre 176 sur 287 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

6. Observations politiques sur le gouvernement des rois de France, t. IX, p. 130.

Palestine on voit Robert II, duc de Normandie, et Touques, comte d'Anjou ^. »

C'est qu'en effet les croisades ne plaisent guère à l'abbé de Saint-Pierre ; il les considère comme un j^'^ojet chimérique basé sur une erreur grossière^ et réalisé grâce à Véloquence désastreuse de fanatiques comme Pierre l'Ermite et saint Bernard ^. « Cette erreur ne pouvait jamais avoir de succès que dans un siècle très grossier et très ignorant ^. »

Ces qualificatifs, l'abbé les prodigue à chaque page de cette période. C'est même, selon lui, la stupidité du peuple qui maintint alors Philippe I^^ dans une obscurité d'où il voudrait le faire sortir. « On ne lui tient pas assez de compte, dit-il, de l'attention qu'il eut pour maintenir la Paix, comme si la base du bonheur de la Nation n'était pas l'exemption de la guerre. Mais les gens de bien et les sages ont toujours fort estimé cette grand patience qu'il eut à souffrir des injures personnelles, plutôt que de faire prendre les armes à ses sujets, et les vexer par des subsides extraordinaires qui sont nécessaires dans la guerre »

Suger nous est représenté comme le fîls « d'un pauvre artisan, qui se trouva homme de beaucoup d'esprit et de beaucoup de courage ^ ». L'abbé ne dit rien de plus du fameux ministre, tant il a hâte d'arriver à l'événement le plus important à son point de vue du règne de Louis VII, la seconde croisade.

Louis VII, dit-il ^, se repentait d'avoir fait brûler mille ou douze cents rebelles qui s'étaient réfugiés dans une église, et il crut « qu'il ne pourrait pas mieux en faire pénitence qu'en faisant une seconde croisade )). Sur quoi il fait observer « qu'il valait bien mieux pour Louis employer son argent à dédommager les familles de ceux à qui il avait ôté la vie et à soulager d'autres pauvres familles ou à établir des collèges dans son propre pays, que d'aller à huit cents lieues de là faire une dépense vingt fois plus grande et moins utile ».

L'abbé revient encore sous Philippe- Auguste et sous saint

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