‹ L'abbé de Saint-PierreChapitre 177 sur 287 · Ibid., p · texte numérisé non relu

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Louis à Fimportance des croisades. C'est la question qui l'occupe presque exclusivement à cette époque, il ne la laisse que pour s'attaquer çà et là au pouvoir des papes et pour rire de leurs excommunications. Ce ne sont pas ces excommunications qui nous damnent, mais nos seules injustices ; les peuples mieux éclairés maintenant n'ont plus rien à craindre, il fallait être sot et ignorant comme autrefois pour croire que ce fut un obstacle au salut.

(( Philippe- Auguste était plus vaillant guerrier qu'habile politique ^. » Quant à Louis VIII, il a eu tort, au lieu de songer à chasser entièrement les Anglais du royaume, de s'amuser « à faire la guerre aux princes qui étaient fauteurs de l'hérésie des Albigeois ; entreprise qu'il pouvait facilement différer à deux ans de là. Ce fut une grande imprudence qui coûta beaucoup dans la suite à la France et à sa postérité 2. »

Saint Louis n'a pas été un grand roi. Au lieu de se lancer dans l'entreprise des croisades, il aurait agi plus sagement en consacrant son temps et son argent à créer des ponts, des routes, des canaux, des ports, à multiplier les collèges et les hôpitaux. Il n'aurait pas commis de mauvaise action — car c'en était une que ses croisades — comme contraire à la règle : Ne faites pas aux autres ce que vous ne voudriez pas qu'on vous fit à vous même. « Si le Sultan d'Egypte fût venu ravager les côtes de Provence et de Languedoc et y faire des conquêtes pour y établir son mahométisme, Louis IX aurait-il trouvé ce procédé juste ^ ? ))

L'abbé reproche encore à saint Louis de s'être laissé diriger ' par les moines, d'avoir été trop dévot, d'avoir perdu son temps à réciter pendant quatre ou cinq heures du jour des prières peu utiles au prochain, au lieu de les employer à modifier et à améliorer son gouvernement. L'abbé veut bien cependant reconnaître à saint Louis deux causes d'excuses : et d'abord son éducation fut déplorable, « pleine d'ignorance et de superstitions ». De là vinrent « les injustices qu'il commit avec les meilleures intentions, avec le désir le plus ferme et le plus

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