‹ L'abbé de Saint-PierreChapitre 178 sur 287 · Ouvrages de politique et de morale, t. IX, p · texte numérisé non relu

Ouvrages de politique et de morale, t. IX, p

'i. Ouvrages de politique et de morale, t. IX, p. 168.

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sincère de faire justice ^ ». La seconde circonstance atténuante, c'est que saint Louis vivait à une époque où la raison humaine était peu développée : « Au reste on ne- doit pas lui reprocher son peu de lumière dans un siècle si ignorant, et l'on doit lui tenir un grand compte de ses bonnes intentions en toutes ses entreprises et du grand courage qu'il montra toute sa vie pour faire justice, pour la faire rendre et pour faire de bons établissements utiles à ses sujets. Et en vérité, c'est un grand titre de sainteté, que des intentions continuelles de plaire à Dieu ^. » C'est la conclusion de l'abbé de Saint-Pierre sur le plus grand homme du moyen âge, mais elle ne fait pas oublier les quelques pages qui la précèdent.

Les démêlés de Philippe le Bel et de Boniface VIII ramènent l'abbé à l'excommunication et au pouvoir des papes. Il laisse aller sa plume la bride sur le cou, répète les réflexions qu'il a déjà faites auparavant et se lance dans une charge à fond contre les prétentions de la cour romaine. Il propose d'interdire à tout prêtre français l'acceptation du chapeau de cardinal, veut exiger que chaque ordre religieux ait son supérieur général en France et demande l'institution d'un conseil pour faire respecter la déclaration de 1682 et les libertés de l'église gallicane.

La meilleure action de Philippe V a été de mourir... car il faisait le chimérique dessein d'aller conquérir la Palestine, et sa mort l'a empêché de réaliser son projet. « Nous étions encore alors très ignorants, conclut l'abbé ^, et le bon sens n'avait pas encore éloigné nos princes et leurs conseils de semblables desseins. ))

C'est par la même conclusion qu'il termine l'histoire du règne de Philippe VI. « Les hommes de trente ans de ce temps là, dit-il, n'étaient guère plus raisonnables que ceux de quinze d'aujourd'hui parce qu'ils étaient la moitié plus ignorants et par conséquent plus superstitieux ^. »

Jean le Bon est un sot ^ ; Etienne Marcel est un fou éloquent \

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