‹ L'abbé de Saint-PierreChapitre 181 sur 287 · Ibid., p · texte numérisé non relu

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l'abbé de saint-pierre historien 245

reproche aux Calvinistes de vouloir introduire des nouveautés dans la religion. Si l'Eglise est infaillible, leur dit-il, pourquoi vous en séparer ? Si elle ne l'est pas, pourquoi transporter son infaillibilité aux livres saints ^ ?

L'abbé, en effet, ne prend parti pour personne dans les guerres de religion, ou plutôt il prend parti contre tout le monde. S'il avait été là il aurait proposé ses remèdes, et tout d'abord les articles de la diète européenne, mais il a trouvé encore « d'autres préservatifs que l'on peut mettre en œuvre contre les guerres civiles de religion. » C'est très simple : Il suffirait de démontrer, même dès le collège, par la simple idée de l'Etre Parfait : 1° que toutes les erreurs sont involontaires, 2° que rien d'involontaire n'est punissable par l'être souverainement juste et bienfaisant, 30 que l'homme toujours juste envers son prochain, de peur de déplaire à Dieu, n'est jamais punissable, 4° que l'homme bienfaisant envers son prochain pour plaire à Dieu et pour l'imiter mérite d'être récompensé ^. « Si ces quatre propositions sont vraies, conclut-il, si elles avaient été bien démontrées à Luther, à Calvin et aux autres hérésiarques anciens, nous n'aurions jamais eu d'hérétiques, ni par conséquent de guerres de Religion. ))

Sa conclusion sur Charles IX mérite d'être notée : « On cherche dans l'histoire de ce Prince, dit-il ^, quelque règlement, quelque établissement qui tende à perfectionner les lois et la police, et on ne trouve que l'édit qui fait commencer l'année au premier janvier. Voilà ce qu'il a fait durant quatorze ans de règne ! »

Henri III était mal élevé, sans lecture, incapable de toute application, fainéant, débauché, n'ayant ni le courage ni la force de travailler aux affaires ^. Il aurait dû avoir comme Louis XIII un ministre général de naissance commune, « facile à détruire d'un seul mot » au lieu de prendre le duc de Guise.

Ce qui fait le mérite de Henri IV, c'est d'avoir inventé la Paix Perpétuelle, aussi est-il un grand roi, malgré ses faiblesses. L'abbé le dit ici, il le répétera à la fin des Annales Politiqiœs dans une comparaison entre Henri et Louis XIV ^.

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