Traité des Etudes, VIII, art
3. Projet pour perfectionner l'éducation, ch. XIII. Education domestiqiie ( Ouvrages de politique et de morale, t. XI, p. 108).
collective. L'abbé comptera par exemple comme neuvième avantage ^, l'exemple des récompenses données aux bons élèves qui incitent les autres à les imiter et le douzième consistera dans les prix donnés publiquement à la fin de l'année « en présence des étrangers, au son des tambours, des timbales et des trompettes ». On voit qu'avec une telle méthode, l'abbé aurait pu allonger considérablement sa liste.
Au surplus, voici les principaux motifs exposés par l'auteur de préférer l'éducation collective à l'éducation privée :
D'abord, le précepteur a moins d'aptitudes que le professeur de collège, car « il arrive tout neuf à son métier » et n'a jamais vécu avec de vieux précepteurs qui auraient pu l'aider de leur expérience. Ensuite, au point de vue de l'instruction, l'écolier apprend non seulement quand il est interrogé, mais encore lorsqu'il entend interroger les autres. Le procédé est moins uniforme et par conséquent moins ennuyeux. A noter encore qu'au point de vue physique, les jeux de ballon, de volant et autres sont plus faciles à organiser dans les collèges ; considération très importante puisque ces" exercices sont excellents pour la santé. Si le collégien est malade, le médecin attaché à l'établissement le traitera mieux que les médecins ordinaires parce qu'il a l'habitude de soigner les maladies des enfants, « ce qui n'est pas non plus un médiocre avantage. ))
Nous avons réservé pour la fin tout ce qui a trait à la formation morale du jeune homme : Le désir de se distinguer en bien, la crainte de la honte et du mépris, l'exemple des punitions infligées aux uns et des récompenses données aux autres, la peur d'être tourné en ridicule excitent l'écolier à bien faire et sont d'excellents ressorts qui manquent ou qui du moins ne sont pas aussi puissants dans l'éducation domestique.
Puis, le collège facilite la pratique de la justice, de la politesse et de la prévenance, donne l'habitude de souffrir les injures avec patience et avec douceur. En un mot, il forme le caractère. Il ôte aux enfants la sotte vanité de se croire supérieurs aux autres par leur naissance, et les contestations qu'ils ont entre eux, en aiguisant leur esprit, servent à les « détromper des opinions fausses. »