Sa feiiime
j'appuie un peu pour donner aux femmes durant leur éducation un peu de connaissance des causes naturelles, des effets surprenants, c'est afin de les éloigner de la superstition qui cause tant de maux. »
Il ne manque à ce programme qu'un peu de littérature, mais nous verrons ce que l'abbé de Saint-Pierre en pensait ^. Sans cette déplorable lacune, il n'y aurait qu'à applaudir sans restriction à ce plan d'éducation, d'autant plus que l'abbé ne peut pas être taxé d'exagération. Si l'on peut lui adresser un reproche, c'est de n'instruire les femmes que dans la seule intention de rendre le ménage moins ennuyeux.
Doit-on le féliciter aussi de placer les jeunes filles comme les jeunes gens dans les collèges ? Beaucoup d'éducateurs répondront que non : La jeune fille, diront-ils, doit recevoir toute son éducation au foyer familial. C'est par l'exemple que lui donne sa mère des vertus domestiques qu'elle s'instruit et s'apprête à remplir ses devoirs sociaux de maîtresse de maison. L'abbé prétend au contraire que toutes les qualités de la femme, « habitudes à la discrétion, à la politesse, à la patience des injures, à la lecture, à l'ouvrage des mains ^ », ne peuvent s'acquérir que par « dix ou douze années d^ éducation dans les collèges Il est certain, dit-il, qu'une pareille éducation changerait fort les mœurs des femmes ; il est certain que les vertueuses seraient alors le plus grand nombre et que les dissipées seraient à la fin honteuses de leur petit nombre ; il est certain que les maisons et les familles particulières seraient incomparablement mieux réglées et qu'il en résulterait de grands avantages pour l'Etat ))
L'abbé procède ici par voie d'affirmation plutôt que par voie de raisonnement, contrairement à son habitude. Mais faut-il le condamner dans ses affirmations ? Sans doute l'éducation de la jeune fille dirigée par la mère est la meilleure ; encore faut-il que la mère soit capable d'exercer ce rôle difficile et délicat. Quand parurent le traité de Fénelon et les projets de l'abbé, il est certain que beaucoup de femmes, sinon la majorité, manquaient des aptitudes nécessaires. Si l'on comptait aisément les pères