‹ L'abbé de Saint-PierreChapitre 194 sur 287 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

3. On nous permettra de faire ici de nombreuses citations parce qu'elles sont inédites et qu'elles nous montrent Fabbé de Saint-Pierre sous un jour que personne n'a encore envisagé.

quences ; il suit qu'elles viendront à bout de quelques détails bornés, mais qu'elles ne pourront jamais embrasser un objet dont les détails ne finissent pas. Eblouies par la quantité de routes qui se présenteraient à elles, leurs yeux ne verraient plus rien, et s'ils les conduisaient encore, ce ne serait que pour les égarer.

« Ne me dites pas, madame, que ces visions sont l'ouvrage d'une imagination échauffée et prévenue. Elles existent dans la nature et tout réfléchisseur les trouvera en plus grand nombre peut-être, et peut-être plus fortes que je ne les présente. Mais, pour ne vous laisser aucun faux-fuyant, j'ajouterai une raison qui frapperait le moins clairvoyant, n'est-il pas vrai ^ ? »

Quelle est cette raison ? Ce sont les maladies des femmes et leur destination à être enceintes neuf mois par an — car la vocation de la femme est de travailler à la reproduction du genre humain. Or, est-il vraisemblable « que Fauteur de la nature toujours sage dans toutes ses vues ait voulu qu'un être toujours ou presque toujours infirme, s'occupât de grands objets ?... La providence a réglé nos rangs et nos places, ce serait la méconnaître que de nous imputer le règlement. »

Une autre raison encore, c'est que les femmes ont mission de remplir certaines fonctions auxquelles un homme ne pourrait suppléer. Nourrir les enfants, les élever, conduire le ménage... « Ce n'est pas une loi dure et cruelle inventée par l'injustice des hommes, et établie par l'autorité du plus fort, qui réduit les femmes à l'état qu'elles ont, c'est toujours des devoirs qui les lient, qui les attachent, devoirs qu'elles seules peuvent remplir et dont elles ne pourraient songer à se dispenser sans renverser l'ordre le plus juste et le plus naturel. »

Au surplus, elles n'ont pas à se plaindre de leur sort : « Une femme qui remplit bien son état fait beaucoup plus dans la société qu'un homme qui remplit le sien. Les bornes étroites qu'il semble que la Providence a mises à votre esprit sont bien récompensées par l'excellence et la prééminence des qualités de votre cœur. La vie dissipée et presque toujours étrangère à nousmêmes que nous menons nous empêche de travailler à la culture de cette partie essentielle. La force de nos organes entraîne

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