CHAPITRE XIII
LES THÉORIES DE l'aBBÉ DE SAINT-PIERRE SUR LA LITTERATURE ET LES BEAUX-ARTS
I. Le Projet pour rendre Vacadémie des bons écrivains plus utile à VEtat.
— II. Le Projet pour perfectionner l'orthographe des langues d'Europe.
— III. Les goûts littéraires de l'abbé de Saint-Pierre. Ses théories sur le style. — IV. Ses goûts artistiques. — V. Il veut moraliser les poésies, les romans, les pièces de théâtre...
« L'Académie, quand tout est parti de l'ancien régime, est comme un paquet qu'on a oublié d'emporter, disait Barbeyd'Aurevilly Chez un peuple viril, en possession de sa pleine maturité, cet enfantillage solennel des concours académiques ne serait qu'un spectacle sottement et prétentieusement puéril. Mais ce qui est insupportable, c'est qu'il y ait dans l'opinion d'un peuple moqueur — qui rit. mais qui paie, qui rit, mais qui souffre et même salue ce dont il rit — je ne sais quel respect traditionnel, attardé et curieux pour cette institution décrépite qui ne doit plus qu'à son impertinence d'exister. »
L'abbé de Saint-Pierre aurait volontiers souscrit à l'opinion de son compatriote ^. S'il n'a pas fait le procès de la compagnie dans un langage aussi pittoresque — ce dont il était incapable — s'il n'a pas demandé sa suppression, il a du moins réclamé sa transformation radicale. Non pas, certes, qu'il eût gardé la moindre rancune contre les confrères qui l'avaient expulsé ! Mais il ne voyait pas en quoi l'Académie, telle qu'elle existait,