‹ L'abbé de Saint-PierreChapitre 199 sur 287 · Annales de Castel (Ms. 130 H de la bibl. de l'Arsenal · texte numérisé non relu

Annales de Castel (Ms. 130 H de la bibl. de l'Arsenal

3. Chavaray. Catalogue d'autographes (Vente Sensier des 11 et 12 février 1878, no 505, p. 73). Cité par A. Kouxel, op. cit., p. 68.

ce qu'était qu'avoir la puce à l'oreille. La question de savoir si la lettre A devait être qualifiée voyelle ou substantif masculin dura cinq semaines sur le bureau ; les bureaux furent partagés et départagés plusieurs fois, les oi^iniâtres se dirent plus d'injures que de raisons et elle ne fut terminée que par la lassitude des combattants...

(( Une fois, l'Académie étant en peine pour savoir le sens du mot ofïicialité, il fallut, pour lever cette grande difficulté, l'autorité de Pierre le Petit, libraire et portier de l'Académie... A maintes reprises. Monsieur Mézeray a été chargé de consulter le maître garçon de Racicot, son apotiquaire et le clerc de son procureur, quand il y avait des mots qui regardaient la pharmacie ou la pratique... A chaque séance, la première demi-heure se passe à faire des procès à l'horloge, car il n'y a de participants aux jetons que ceux qui sont arrivés quand l'heure sonne, ce qu'on observe avec une précision géométrique. On voit alors une grande joie sur le visage des diligents et une grande consternation sur celui des paresseux : ceux-ci accusent les autres d'avoir avancé l'aiguille, comme il est arrivé souvent ; on compare les montres, on cite les cadrans qu'on a vus en chemin, les brailleurs tâchent de se faire rétablir et y réussissent quelquefois et quand on vient à opiner là-dessus, cela s'étend jusqu'à la fin de la vacation ^. » ^

Le recrutement s'opérait d'une manière déplorable. C'était l'époque où l'Académie préférait les créatures des princes du sang à J.-B. Rousseau, à Regnard, à Dancourt, à Bayle et à Mallebranche. L'abbé lui-même, qui devait son élection aux brigues de Madame de Lambert et à l'influence de Fontenelle, s'emporta contre les brigues et les influences qui entraient en jeu à chaque nouvelle élection. Ce fut à propos du poète Antoine Dauchet ^. « M. Dauchet, dit Fontenelle, avait de bons titres et une mauvaise fortune, et ainsi avait plus de droits et de besoin d'une place à l'Académie. D'ailleurs M. Dauchet m'était fort recommandé par Jf^^^^ de Ferriol et de Tencin ^. » Il est probable que l'abbé de Saint-Pierre reçut les mêmes sollicitations, car il envoya une note à Huet, évêque d' A vr anches, lui rappelant

1. Recueil des jactums de Furetière, par Ch. Asselineau, t. I, p. 184.

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