Ms. (ienty, t. VII
Après être entré dans les plus petits détails, après avoir fixé le travail des trois bureaux pour chacune des réunions, il s'est donné la peine de noter quelques Observations pour diriger ceux qui écrivent la Vie des Hommes illustres ^ : grands princes, grands ministres, grands généraux d'armée, grands magistrats, grands auteurs politiques et moraux.
L'écrivain devra parler « de la récompense des talents et des vertus des grands hommes » ; il décrira avec un grand soin « les peines qu'ils auront surmontées pour les acquérir ». De même, il peindra « avec force et avec étendue le mépris, le ridicule que les téméraires et les capricieux se sont attirés, et la haine et l'exécration publique dont les princes injustes ont été punis ». En somme, il rendra le vice répugnant et la vertu aimable.
Que l'Académië se transforme en un grand atelier de biographies morales, le but de l'abbé de Saint-Pierre sera atteint. Les vertus ne se transmettent pas malheureusement avec autant de facilité que les connaissances... Les vies des hommes illustres remédieront à cet inconvénient. Quelle gloire pour l'Académie, comme elle sera plus utile ! « Voilà où devait tendre le cardinal de Richelieu, s'il eût été assez éclairé ^. » Mais il ne l'était pas suffisamment..., ni sans doute les membres de l'Académie, ses anciens confrères, car le projet de l'abbé n'eut pas l'honneur d'être mis en pratique, même à titre d'essai.
Le bon abbé ne se serait peut-être pas montré aussi sévère à l'égard de l'Académie actuelle : Le discours annuel sur les prix de vertu, tout en répondant aux vœux philanthropiques de M. de Montyon, n'a-t-il pas plus d'un trait commun avec la proposition de notre auteur ? ^
La question de la réforme de l'orthographe ne date pas d'hier. Du vivant de l'abbé de Saint-Pierre, elle était déjà vieille d'un siècle et demi, mettant aux prises les réformateurs qui voulaient