Saint Mathieu, VIT
5. Eloge de Vabbé de Snint-Pierre, op. cit., t. Y, p. 207 et 208,
sans aucune marque extérieure de culte. Il y avait seulement au milieu du temple une colonne sur laquelle étaient gravés les préceptes de la loi naturelle : Aimez-vous les uns les autres. Exercez mutuellement la bienfaisance, etc.. Un prêtre, assis au pied de cette colonne, n'avait d'autre fonction que de montrer ces préceptes au peuple avec une baguette sans qu'il fût permis de prononcer un seul mot. » C'est l'idéal de l'abbé de Saint-Pierre.
Au surplus, qu'on ne parle pas à son Dieu des braves gens de religion positive, de culte ou de prière : Pour l'abbé toutes les religions sont bonnes, ce qui veut dire qu'il a pour elles toutes, sinon un égal mépris, du moins une profonde indifférence. L'aumônier de la duchesse d'Orléans n'admet que la théologie qu^ inspire la raison universelle, pour employer ses propres expressions ^, c'est-à-dire celle qui se compose seulement des articles dont toutes les théologies particulières conviennent entre elles ; et, d'après lui, ces articles ne sont qu'au nombre de deux : Pour être heureux après la mort il ne faut point faire de mal que l'on ne tâche de le réparer et il faut faire tout le bien que l'on peut pour plaire à Dieu. Cette loi si simple et si courte renferme « tous les moyens nécessaires pour arriver à la béatitude éternelle, c'est-àdire au but que l'Etre sage et bienfaisant s'est proposé pour rendre les hommes heureux, tant durant leur passage sur la terre, que dans le ciel où ils doivent recevoir la récompense du bon usage qu'ils auront fait de leur liberté ^. » Il n'y a point d'autres commandements.
« Dire que Dieu ne donnera le paradis qu'à ceux qui croiront l'alcoran un livre descendu du ciel ou miraculeusement inspiré à Mahomet, et que les autres hommes qui ne croiront que l'alcoran un ouvrage humain, quelque juste et bienfaisants qu'ils soient, seront dam-nés, voilà un article de la religion particulière mahométane... Le théologien indien dit la même chose de son vedas. Ils se damnent mutuellement ^. » L'abbé de Saint-Pierre les