‹ L'abbé de Saint-PierreChapitre 22 sur 287 · Fontenelle, Eloge de Varignon · texte numérisé non relu

Fontenelle, Eloge de Varignon

6. Judith de Bellefonds, tante de Tabbé, était alors priem'e des Carmélites du faubourg Saint- Jacques où elle mourut le 24 septembre 1691. Nous n'avons rien trouvé à propos de ses relations avec l abbé de Saint- Pierre.

tout en haut, il y composa son livre sur la nouvelle mécanique. M. l'abbé de Vertot, qui y venait aussi trois jours la semaine, logeait dans la chambre voisine et travaillait à son histoire des révolutions de Portugal. M. l'abbé de Saint-Pierre, qui logeait au-dessous, composait des observations morales sur les différents partis que prennent les hommes pour augmenter leur bonheur et M. de Fontenelle, qui logeait en bas, composait des poésies pastorales. Ils allaient l'après-midi continuer leurs conversations et leurs disputes au jardin du Luxembourg et profitaient ainsi de leurs critiques mutuelles ^. »

(( C'est le berceau du xviii® siècle, cette petite maison du faubourg Saint- Jacques, dit M. Faguet 2. Un savant, un publiciste idéologue, un historien, un mondain curieux de toutes choses... ces gens sont comme les précurseurs de la grande époque qui remuera tout d'une main vive, laborieuse et légère, avec ardeur, intempérance et témérité. »

De tous, Fontenelle est assurément le plus brillant mais aussi le moins assidu : Il y vient passer « quelquefois deux ou trois jours. » Il en a néanmoins gardé un bon souvenir et il rappellera volontiers plus tard « l'extrême plaisir » qu'il avait de retrouver ses amis et de s'entretenir avec eux. L'abbé de Saint-Pierre est le chef de la société, il en est l'âme ; n'est-ce pas chez lui qu'on se réunit, et n'est-ce pas lui qui l'emporte sans contredit par l'amour de la discussion ! J'imagine qu'il doit tenir un rôle analogue à celui que lui prêtent les historiens du Gluh de V Entresol ^. Quelle joie d'avoir non seulement son fidèle disputeur à gages, mais encore deux autres compatriotes qui sont, comme lui, (( pleins de la première ardeur de savoir » ! Il faut profiter de l'aubaine. Si l'abbé émet une idée, il demande à chacun son avis, veut qu'on lui présente le plus d'objections possible et il y répond avec autant d'exactitude que de persévérance, « toujours satisfait de ses propres solutions. » Quand c'est à l'un de ses amis d'exposer une théorie, il est aussi minutieux que pour lui-même ; et plus d'une fois, sans doute, la nuit a dû expulser la jeune bande des jardins du Luxembourg, sans que la question traitée ne soit, au gré de l'abbé, suffisamment élucidée. Fonte-

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