‹ L'abbé de Saint-PierreChapitre 221 sur 287 · Ihid., t. IV, p · texte numérisé non relu

Ihid., t. IV, p

LA RELIGION DE l'aBBÉ DE SAINT-PIERRE

les miracles des protestants, sinon ceux qu'ils ont gardés de la religion romaine ? « Le mot qu'on voit le mieux dans cette phrase est celui qui n'y est pas ^. »

Aussi bien, dans le même ordre d'idées, il écrit un jour : « Qui dit parmi nous théologien de profession dit théologien intolérant et ordinairement persécutant », puis il efface parmi nous et met parmi les hérétiques ^.

Pourquoi, après tout, respecterait-il le catholicisme, j3uisqu'il ne croit pas à la plupart des dogmes qu'il enseigne ?

Ce qu'il croit, c'est que Dieu est l'être infiniment parfait et la raison même. « Il y a un être tout-puissant, dit-il, qui voit tout, qui sait tout, qui gouverne le monde avec sagesse et qui est souverainement juste et bienfaisant ^. » Ce qu'il croit surtout, c'est que Dieu récompense les bons et punit les méchants. Car, si notre auteur ne disserte sur la Divinité que très rarement dans ses ouvrages, il s'appesantit au contraire sur la croyance à l'immortalité de l'âme qui revient sous sa plume à tout propos. Il lui a consacré spécialement son Discours sur le désir de la Béatitude ses Observations sur la Béatitude après cette vie ^ et ses Pensées sur V Immortalité ^.

(( Il y a eu de tous les temps, dit l'abbé, parmi les différentes nations de la terre une opinion sur le sujet du monde le plus intéressant pour chacun de nous : C'est qu'aucune des deux parties dont l'homme est composé n'était anéantie à la mort, et que l'âme humaine, cette substance capable de connaissance, de mémoire, de plaisir, de douleur, de désir, de crainte subsistait toujours aussi bien que la matière dont le corps humain est composé. Une suite de cette opinion, c'est que les personnes

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