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avec lui qu'il faut une sanction à la loi morale, mais, le mépris qu'ils professent pour tous les croyants qui « prêtent à Dieu à la petite semaine » les conduira à chercher des sanctions purement terrestres : « Assurez à la vertu sa récompense, diront-ils, comme vous avez assuré à la méchanceté son châtiment, que, sans aucune distinction de culte, dans quelque condition que le mérite se trouve, ils conduisent aux grandes places de l'Etat ; et alors ne comptez plus que sur un petit nombre de méchants Si on tenait compte des bonnes actions elles seraient plus fréquentes, n'en doutez pas. C'est ce que l'on fait en Chine. On les y publie à son de trompe, elles y ont des récompenses assurées. Nous, nous ne savons que punir. Nous arrêtons tant que nous pouvons les méchants, mais nous ne nous mêlons pas de faire germer les bons. Où l'on donne une bourse d'or à l'homme bienfaisant, on n'en doit guère voler. Peut-être y aurait-il moins de châtiments pour le crime, s'il y avait des prix pour la vertu ^. )) Si l'on juge les deux théories du point de vue exclusivement pratique où se placent l'abbé de Saint-Pierre et les encyclopédistes, avant d'avoir élucidé la question de savoir si l'âme est immortelle, il faut avouer que le système de Diderot est incontestablement plus pratique : Un tiens a toujours mieux valu qu'un problématique tu Vauras et, comme disait le bon La Fontaine :
« L'un est sûr, l'autre ne l'est pas. ^ »
Il va de soi que la religion de l'abbé ne s'accommode pas du rôle que l'Eglise catholique assigne à ses ministres. Une réforme du clergé tant séculier que régulier s'impose et notre rénovateur a consacré plusieurs opuscules à exposer les « perfectionnements » qu'il rêvait d'apporter à la discipline et aux occupations du clergé.
« On met communément le clergé comme la première des pro-