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nos devoirs et aux motifs nécessaires pour s'en bien acquitter ». Il est entendu que dans tous les bons sermons, il faudra qu'il y ait de l'histoire, des exemples, et surtout qu'on y fasse mention très souvent de l'enfer et du paradis, à l'instar de ce qui se passe chez les Turcs. « J'ai fait autrefois une observation, dit-il ^, en lisant VAlcoran, c'est que dans chaque page il est fait mention du paradis ou de l'enfer et c'est une des raisons qui fait que la religion humaine des Turcs influe tellement sur leurs actions et sur leur conduite que les chrétiens eux-mêmes sont étonnés de toute la probité et de toute l'humanité qu'ils trouvent parmi eux. )> L'idée est saugrenue de nous proposer pour modèle l'éloquence des imans, alors que la chaire chrétienne retentit encore des accents de Bossuet et de Fénelon,
Mais, voici qui est plus original : Comme tous les prédicateurs, qui ont le talent de la prononciation, n'ont pas celui de la composition, et que, d'autre part, l'auteur des meilleurs sermons, mal doué pour les prononcer, peut s'exposer à manquer l'effet qu'il doit attendre de son œuvre, l'abbé considère qu'il serait très utile d'avoir des prédicateurs uniquement chargés de dire les sermons écrits par les autres. Il y aurait donc deux catégories de sermonneurs : les déclamateurs et les compositeurs. Dans les séminaires, les jeunes ecclésiastiques, pour être vicaires et curés, devraient s'exercer principalement à bien déclamer les bons sermons imprimés ; des récompenses leur seraient accordées pour stimuler leur émulation et les meilleurs déclamateurs, toutes choses étant égales d'ailleurs, seraient préférés pour les bonnes places.
Il faudrait aussi qu'il y eût un assez grand nombre de bons sermons, d'une demi-heure chacun, pour le cours de l'année. Chaque curé, vicaire ou religieux, pour une petite somme, pourrait les acheter et tous les cinq ans environ ils seraient perfectionnés dans une nouvelle édition. L'abbé a même calculé qu'un in-douze de quatre cents pages peut contenir huit ou dix sermons, de sorte que les sermons des cinquante-deux dimanches de l'année ne formeraient que six tomes. A force de. moraliser le théâtre, il avait transformé les acteurs en sermonneurs. C'est le contraire qu'il fait ici... tout simplement.