‹ L'abbé de Saint-PierreChapitre 233 sur 287 · L'Ancien Régime et la Révolution, p · texte numérisé non relu

L'Ancien Régime et la Révolution, p

.3. Projet pour rendre les chemins plus praticables en hiver. 4. Projet de taille tarifée.

LA RELIGION DE l'aBBÉ DE SAINT-PIERRE 315

s'immiscer, sans l'autorisation du prince, dans le gouvernement des affaires ecclésiastiques. L'abbé en est amené à conclure que le pouvoir spirituel ne doit pas être plus indépendant que les autres pouvoirs et avec Voltaire il propose de l'unir au pouvoir temporel.

« Ce secret des Romains, ce conseil des vainqueurs

« Présidait aux autels et gouvernait les mœurs,

« Restreignait sagement le nombre des vestales,

« D'un peuple extravagant réglait les saturnales,

« Marc-Aurèle et Trajan mettaient au Champ de Mars

« Le bonnet de Pontife au bandeau des Césars K »

Cette sorte de cesaro-papisme, célébré par Voltaire, c'est celui que rêve l'abbé de Saint-Pierre, quand il demande, « pour aider le roi à gouverner l'église de France », la création d'un conseil épiscopal dont les membres seraient choisis par le monarque à l'aide du scrutin perfectionné ^.

S'il ne s'étend pas longuement sur ce sujet, c'est que les prétentions du pape n'ont aucune chance d'aboutir en France depuis le concordat de Léon X et François I^^" qui a rendu le clergé beaucoup plus soumis à la Cour, c'est-à-dire à la suprême autorité^. (( Tant que les docteurs et les évêques de la nation ne croiront pas le pape infaillible, il ne pourra nous assujettir malgré nous à ses décisions ; nous aurons toujours la liberté de les examiner, de laisser les Constitutions sans exécution et la voie de l'appel au futur concile général ; mais la meilleure méthode est de laisser sans exécution celles dont on ne sera pas content. Nous avons pour rempart les anciennes libertés de l'église de France et les quatre propositions du clergé de 1682, défendues par tous les parlements du royaume ; et d'un autre côté, il n'y a point à craindre qu'un concile soit jamais général sans les évêques français, ni que le roi permette aux évêques français d'y aller, s'il prévoit quelque excommunication injuste de ses officiers ou de ses évêques, ni que le concile soit infaillible s'il n'est général )>

Tous les traits distinctifs du prêtre tel que le comprend l'abbé de Saint-Pierre se trouvent disséminés de part et d'autre dans

1. Cf. Œuvres complètes, Edit. Moland, t. XI, p. 145 et suiv.

2. Annales Politiques. Edit. 1758, p. 31. Cf. aussi p. 570 et 571.

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