‹ L'abbé de Saint-PierreChapitre 25 sur 287 · Jean Racine, p · texte numérisé non relu

Jean Racine, p

a dit l'abbé, que j'ai passé la plus grande partie de ma vie à méditer et à écrire... sur les moyens de perfectionner les différentes parties de la science du gouvernement ^. »

A l'influence de Plutarque il faut joindre celle de Descartes pour lequel l'abbé avait un véritable culte et qu'il a toujours considéré comme « l'un des plus grands hommes qui aient jamais été 2 )). Le manuscrit de Rouen nous explique comment l'auteur du Discours sur la méthode avait poussé l'abbé de Saint-Pierre vers les études politiques. « Descartes, par ses méditations assidues et opiniâtres avait ouvert de nouvelles routes pour faire de grands progrès en peu de temps dans la physique... L'abbé jugea qu'avec un semblable travail il pourrait peut-être avec ses méditations ouvrir de nouvelles routes pour la politique ^ » . Il n'aura désormais qu'une idée fixe : l'amélioration matérielle du sort de l'homme. C'est elle qu'on apercevra à la base de tous ses ouvrages, sans en excepter un, malgré la diversité des questions sur lesquelles il a porté son examen.

Il s'est chargé de nous renseigner sur ses propres aptitudes et sur la vie telle qu'il la concevait pour lui en dépeignant l'écrivain politique. Les conditions qu'il exige, il a cru les réaliser luimême et à ce titre le passage vaut d'être cité. « Il faut, nous ditil^, un génie né facile, appliqué, étendu, cultivé jusqu'à vingt ans par les diverses connaissances humaines. Il faut que depuis vingt ans il ait été exercé dans la capitale par les conférences, par les disputes, et par la lecture des mémoires modernes... Il faut qu'il soit accoutumé à la méditation et à la composition.

«Il faut un esprit juste, qui, à force d'examiner les vraies démonstrations et à force d'en former lui-même, ait acquis un sentiment délicat et sûr pour discerner promptement les conséquences justes et réelles des conséquences fausses et apparentes...

(( Il faut un homme tempérant et d'une santé exempte de douleurs et d'infirmités, accoutumé à démontrer évidemment aux autres dans la composition ce qu'il s'est démontré à luimême dans la méditation. Il faut un homme assez sensible à la

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