‹ L'abbé de Saint-PierreChapitre 38 sur 287 · Lettre du IZ décembre · texte numérisé non relu

Lettre du IZ décembre

3. Aujourd'hui Thiron- Gardais, chef-lieu de canton d'Eure-et-Loir à quinze kilomètres est de Nogent-le-Rotrou.

4. Entérinement par le bailli de Chartres des lettres du roi Louis XI confirmant aux religieux de Tiron le droit de prendre du sel sur les greniers de Bellème et de Mortagne. (Archives d'Eure-et-Loir. H. 1952),

LE MEMBRE DE l'aCADÉMIE FRANÇAISE

religieux de Tiron n'est pas de celles qui inspirent confiance à l'historien. Ils ont dans leurs annales une page fâcheuse bien faite pour jeter le doute sur ce qu'ils écrivent ^, même quand ils s'adressent au roi pour l'apitoyer sur leur sort.

Quoi qu'il en soit de son passé, l'abbaye de Tiron ne se distinguait point par sa richesse, au moment où l'abbé de Saint- Pierre en prit possession le 31 décembre 1702 ^ et nous ne nous étonnons nullement de le voir, entre 1715 et 1723, écrire à un personnage dont le nom nous échappe, mais qui devait avoir ses petites entrées au Palais-Royal. « Je vous supplie aussi de le faire souvenir (le Régent) que je lui ai demandé une petite abbaye en Normandie pour avoir un carrosse et d'autres commodités qui deviennent des besoins en vieillissant ^. » Le rêve de ce nouveau bénéfice ne devait pas se réaliser, ce qui n'empêcha pas l'abbé de Tiron de circuler en carrosse dans les rues de la capitale, ainsi qu'il en résulte de l'inventaire qui fut fait à sa mort. Il est vrai que le carrosse n'était qu'en location...

Le monastère de Tiron avait sous sa dépendance cinq abbayes — cinq fillettes, comme on disait alors — et dix-huit prieurés. Ses domaines s'étendaient bien sur quarante-huit paroisses, et à Paris même, il possédait dans dix-huit rues divers immeubles, notamment l'hôtel seigneurial de Tiron, situé rue de Tiron, et l'hôtel de Nesmond au coin du quai de la Tournelle et de la rue

1. En se rendant au siège d'Orléans, sous la conduite du comte de Salisbury, les Anglais passèrent par l'abbaye de Tiron, la livrèrent au pillage et même aux flammes. La plupart des Chartres originales étant perdues, les religieux voulurent se reconstituer des titres leur accordant les privilèges dont ils avaient joui jusqu'alors. Mais, peut-être par ignorance de ce qui leur appartenait réellement, peut-être par le désir de s'attribuer de nouveaux droits, dit M. Merlet, archiviste d'Eure-et-Loir, ils fabriquèrent un nombre considérable de pièces où ils entassèrent à leur profit une foule de libertés qu'on n'avait pas besoin de spécifier aux époques où les Chartres étaient censées écrites. En 1509, l'évêque et le chapitre de Chartres, alors en procès avec l'abbaye, s'inscrivirent contre ces Chartres produites par les religieux. (Archives d'Eure-et-Loir. Inventaire VIII, 78, et Cartulaire de l'abbaye de la Sainte-Trinité de Tiron, publié et annoté par M. Lucien Merlet. Chartres, 1883).

2. « Carolus II Cas tel de Saint -Pierre, primus eleemosynarius Carolae Elisabethae de Bavière, ducissse Aurelianensis, designatus an. 1702 pridie cal. januar. possessionem misit anno 1703. » ( Gallia Christiana, VIII, p. 1268).

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