Ms. Genty
LE MEMBRE DE l'aCADÉMIE FRANÇAISE 59
intervalle il est à propos que le conseil de la congrégation nomme trois religieux qui méditent : 1° sur ce qu'ils ont à faire pour préparer chez eux peu à peu l'établissement de ces collèges, leurs moyens par rapport aux régents, aux fonds, aux plans d'éducation ; il vaut mieux entreprendre moins d'abord et mieux réussir — 2° sur les grâces qu'ils ont à demander à la cour ; rédiger pour cela les articles d'une déclaration au roi qui leur serve de lettres patentes générales et que ces trois commissaires s'assemblent deux fois la semaine pour rectifier leurs vues, et que tous les quinze jours ils rendent compte au conseil général du résultat de leurs conférences. Je m'offre cV assister une fois la semaine à la conférence des commissaires. »
Nous ne savons ce qu'il advint de cette dernière proposition de l'abbé. Trois mois passèrent, un an, deux ans, et l'approbation du chancelier n'arrivait pas. L'abbé eut beau envoyer un nouveau Mémoire pour multiplier et perfectionner les collèges de la congrégation de Saint-Maur, puis un Projet pour unir les prieurés des bénédictins à leurs collèges afin d'y élever de pauvres gentilshommes à la nomination du roi ^, le gouvernement resta sourd à ces démarches et, le 24 mars 1724, l'abbé de Saint-Pierre eut la douleur d'écrire en marge d'un de ces Mémoires : « Le ministère n'a pas approuvé ce projet quant à présent pour plaire à la cour de Rome à laquelle les bénédictins, bons français, ne plaisent pas ^. ))
Les ennemis de la Congrégation de Saint-Maur l'avaient en effet accusée, à tort ou à raison, d'avoir en théologie quelques opinions erronées, et les démarches de l'abbé de Tiron n'aboutirent qu'à un résultat : celui de montrer aux historiens que l'abbé de Saint-Pierre fut certainement un des meilleurs commendataires du xviii^ siècle.
Académicien, premier aumônier de Madame, abbé à bénéfice, il ne manquait plus à l'abbé de Saint-Pierre que de monter sur