‹ L'abbé de Saint-PierreChapitre 41 sur 287 · Ihid · texte numérisé non relu

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la scène et de jouer un rôle dans la comédie dont « il suivait de près les acteurs. »

Il avait eu la bonne fortune de rencontrer à l'Académie, et peut-être de se lier avec l'abbé de Polignac, ce diplomate de premier ordre qu'on n'a pas craint d'appeler le premier homme de son siècle dans l'art de négocier et de bien dire. Comment l'abbé de Polignac fut-il amené à s'associer l'abbé de Saint- Pierre qui était à son antipode ? On en est réduit à des conjectures. C'est peut-être sur les instances de Madame et de sa belle- fille la jeune duchesse d'Orléans, près de laquelle la comtesse de Saint-Pierre avait un grand crédit. (Elle devint même sa favorite, nous dit Saint-Simon i). Il est possible aussi que le Mémoire pour rendre la paix perpétuelle en Europe ^, qui venait de paraître, contribua à attirer l'attention sur l'abbé de Saint-Pierre.

Ce qu'il y a de certain, c'est que l'aumônier de Madame accompagna Polignac en qualité de secrétaire en 1712, quand le cardinal fut désigné avec le maréchal d'Uxelles pour aller à Utrecht jeter les bases du fameux traité qui, après un an de discussions orageuses, mit fin à la guerre de la succession d'Espagne ^. C'est ainsi que l'abbé de Saint-Pierre eut l'agrément d'entendre fredonner à la portière de sa voiture le couplet de la chanson faite pour la circonstance :

« Pour bien régler nos intérêts

« Et finir nos misères, « On a nommé deux bons sujets

« Plénipotentiaires.

« Ce sont gens de fort grand renom « La faridondaine, la faridondon « Et partout ils ont réussi « A la façon de Barbari, « Mon ami.

C'était un rude joûteur, à l'occasion, que l'abbé de Polignac, ou plutôt M. le comte de Polignac, car il ne portait à Utrecht ni titres, ni habits ecclésiastiques, bien qu'il fût déjà cardinal in

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