‹ L'abbé de Saint-PierreChapitre 47 sur 287 · Duclos, op. cit., p · texte numérisé non relu

Duclos, op. cit., p

3. L'exclusion académique de l'abbé de Saint-Pierre est du commencement de mai 1718, et les conseils furent supprimés le 24 octobre suivant. La chiite fut décidée par une lettre que Dubois écrivit de Londres au

l'exclusion de l'académie française

L 'auteur de la Polysynodie ne se contentait pas d'attaquer Louis XIV ; sinon le Régent eût peut-être encore fermé l'oreille à toutes les clameurs hostiles. Mais l'abbé ne se permettait-il pas aussi d'attaquer les bases du gouvernement monarchique ; n'allait-il pas jusqu'à s'en prendre au, régent lui-même en lui insinuant que le conseil de régence n'était qu'un conseil de parade !

Le régent ne plaisanta pas : sur son ordre le livre factieux fut saisi, et l'imprudent libraire, qui l'avait exposé à la devanture de sa boutique, fut jeté en prison ^.

L'Académie ne pouvait rester indifférente à cette nouvelle incartade. Saisie de l'affaire par le cardinal de Polignac, eUe désavoua hautement l'auteur de La Polysynodie et, sans différer, envoya trois délégués ^ près du Régent pour « lui témoigner la douleur qu'elle avait qu'un de ses membres se fût porté à un excès si condamnable ^. . . « Monseigneur, dit Dangeau, monsieur le cardinal de Polignac nous apporta hier à l'Académie un livre de M. l'abbé de Saint-Pierre et nous en lut quelques endroits qui parurent très offensants pour la mémoire du feu roi, notre protecteur et notre maître. Notre indignation fut générale et, si nous avions été en plus grand nombre que nous n'étions, nous

Régent. « Je n'examine pas, disait-il, la théorie des conseils, elle fut, vous le savez, l'objet idolâtré des esprits creux de la vieille coiu". Humiliés de leur nullité, dans les fins du dernier régime, ils engendrèrent ce système sur les rêveries de M. de Cambrai. Mais je songe à vous, je songe à votre intérêt. Le roi deviendra majeur, ne doutez pas qu'on ne l'engage à faire revivre la manière du feu roi si commode, si absolue, et que les nouveaux établissements ont fait regretter. Vous aurez l'affront de voir détruire votre ouvrage. Supprimez donc les conseils, si vous voulez être toujoui's nécessaire, et hâtez -vous de remplacer des grands seigneurs qui deviendraient vos rivaux par de simples secrétaires d'Etat qui, sans crédit, sans famille, resteront vos créatures. » (Lemontey. Histoire de la Régence, 1. 1, p. 193).

1. Journal de Dangeau, safnedi 30 'mai 1718, et procès-verbal de la séance du 7 mai 1718.

2. Fleury, évêque de Fréjus, chancelier, l'abbé de Dangeau, directeiu* et Dacier, secrétaire.

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