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5. Observations politiques sur le gouvernement des rois de France. (Ouvrages de morale et de politique, t. IX, p. 241.)

LES DERNIÈRES ANNÉES

goûtées par le ministère présent ^. (.< Je suppose un homme de bien, dit-il, un bon citoyen qui, durant une partie de sa vie, a composé plusieurs bons projets propres à perfectionner diverses parties du gouvernement. Je suppose en même temps que le ministère présent, à cause de certains intérêts particuliers, se trouve fort éloigné de désirer l'exécution de quelques-uns ^, soit par une excessive timidité, soit par crainte de donner prise à ses envieux, soit faute de loisir pour les examiner, soit faute de lumières pour en juger sainement, soit par un respect excessif pour le gouvernement précédent, soit par crainte d'être obligé à une grande augmentation de travail, soit par ignorance de la bonne économie publique qui sait faire dépenser peu à l'Etat pour lui procurer beaucoup, soit par une jalousie commune aux petits esprits qui ne veulent exécuter que les projets qu'ils ont inventés et qui craignent que l'on estime quelqu'un plus profond politique qu'ils ne sont eux-mêmes.

« Dans cette situation, que doit faire ce bon citoyen pour ne pas laisser ses travaux inutiles à la patrie ? Les donnera-t-il à la bibliothèque du roi dans laquelle personne de ceux qui seraient capables d'en profiter et d'en faire profiter le public ne les ira jamais chercher et dans laquelle il ne pourra jamais en avoir communication que par la permission expresse du ministère ? Les laissera-t-il à des héritiers qui les regarderont comme papiers inutiles parce que ceux qu'ils consulteront n'en connaîtront pas l'importance ?

« Il y a un moyen pour les rendre utiles un joui" aux ministres futurs et par conséquent à la nation. Il peut en faire un recueil et en faire faire diverses copies. Si ces mémoires politiques sont bons, ils seront bientôt imprimés en Hollande ; il en entrera en France, or il est impossible que tous ceux qui aimeront à s'instruire des différentes parties du gouvernement ne les lisent et ne les relisent avec attention. Or ce sera parmi ce grand nombre de lecteurs favorables à ses bons projets, que le roi futur sera pour ainsi dire forcé de prendre un jour son ministre général, ses ministres particuliers, les conseillers d'état et les inten-

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