Décembre 1734, p. 2879 à
3. Mercieb de Saint-Léger. Notice raisonnée des ouvrages de Gaspard Schott, jésuite, 1725, p. 53.
4. Duguet, bon machiniste de l'époc^ue, était ringéiiieur du trémoussoir.
5. Au lendemain de la représentation d'un opéra de Fuselier, les Fîtes Indiennes ou les Indes Galantes, un critique écrivait à l'abbé Desfontaines : « Cette musique est une magie perpétuelle, la nature n'y a aucune part, rien de si scabreux et de si radieux ; c'est un chemin où Ton cahote sans cesse. Le musicien me dispense d'acheter le fauteuil de Tabbé de Saint-Pierre. L'excellent trémoussoir que cet opéra ! dont les airs seraient très propres à ébranler les nerfs engoiordis d\m paralytique. » ('XXF'^ lettre des observations sur les écrits modernes, p. 238. Cité par Mercier, p. 55).
vanta dans les colonnes du Mercure ^ les bienfaits de la nouvelle invention. Son article était suivi d'un avertissement qu'on nous permettra de citer en entier, il prouvera au lecteur incrédule que l'abbé de Saint-Pierre n'était pas dépourvu d'un certain sens pratique :
(( M. Duguet, auteur de la machine, demeure rue de l'Arbre- Sec, au Vase d'Or. On voit le mémoire sur l'utilité et l'usage de cette Machine dans le Mercure de France, décembre 1734, deuxième volume, page 2889.
(( Les malades qui voudront essayer chez eux l'effet de la Machine pendant quelques jours donneront trois livres pour le premier jour et vingt-cinq sols pour chacun des autres jours qu'ils la garderont. On donne douze sols pour voir la machine et pour en faire l'essai.
(( L'auteur a trouvé le moyen d'ajouter aux nouvelles machines qu'il a envoyées dans les pays étrangers, le mouvement vertical de haut en bas au mouvement horizontal de droite à gauche, ce qui les rend beaucoup plus commodes et plus utiles à la santé. ))
Hélas ! ces divers perfectionnements n'empêchèrent pas le trémoussoir de tomber peu à peu ou plutôt très vite en défaveur ; l'abbé en fut pour ses frais d'invention et l'ingénieur Duguet qui avait partagé ses illusions en fut pour ses frais de fabrication. L'abbé eut beau faire savoir au public qu'à La Haye, en Allemagne, à Berlin, sur le Rhin, à Bruxelles, le trémoussoir avait eu le plus grand succès ; le public resta sourd à sa réclame et les paralytiques et les goutteux persistèrent à aller demander leur guérison au médecin et à l'apothicaire ^.
L'abbé venait souvent à Saint-Pierre-Eglise où il avait con-
1. Obseî'vation de M. Astruc, professeur de médecine au collège royal, sur la machine appelée : Fauteuil de poste. Mercure, avril 1735, p. .677-688. — M. Astruc soignait l'abbé. (Lettre à Madame Dupin, publiée par le comte de Villeneuve -Guibert, p. 211).
2. Le docteur Charcot a repris, il y a une quinzaine d'années, Tidée de l'abbé. Ayant depuis longtemps observé que certains malades se trouvaient soulagés par un voyage prolongé en voiture ou en chemin de fer, il fit construire un fauteuil mis en action par un moteur électrique ; et qui, par des mouvements d'oscillation assez énergiques, donnait au patient la sensation qu'il était assis sur la banquette d'un wagon fortement cahoté. D'où le nom de fauteuil trépidant dont on a baptisé cet ingénieux instrument de torture qui est une médication vibratoire.
LES DERNIÈRES ANNEES
servé une maison à peu de distance du château de son frère, à un carrefour connu sous le nom de carrefour Dorey. « Comme on a plus de loisir à la campagne, disait-il, vous pouvez mettre ce séjour beaucoup plus à profit pour avancer les découvertes que le séjour de la ville, qui sert à rectifier par la communication, ce que l'on a trouvé à la campagne par la méditation et par la lecture ^. »
Sa grande charité, ses manières simples et accueillantes, son abord bienveillant lui attiraient une nombreuse clientèle de pauvres et de malheureux. Il soulageait les uns dans leur infortune, aidait les autres de ses conseils et, à défaut des nations, rétablissait l'union dans les familles. Nul n'était plus heureux que lui quand il était parvenu à terminer un procès par un arrangement. Pour être agréable à ses fermiers, il se faisait un plaisir de servir de parrain à leurs enfants ; et nombreux sont les actes de baptême qu'il a signés en cette qualité et que l'on retrouve encore aux archives de la commune. Son portrait, qui d'ailleurs est des plus médiocres, préside aux déhbérations du conseil municipal. Il y a quelques années, le maire, l'honorable M. Delacour, proposa de donner à la rue des Juifs le nom de l'abbé. Pourquoi cette proposition est-elle restée sans écho ? Les registres du conseil sont muets sur ce point.
L'abbé de Saint-Pierre mourut des suites d'une apoplexie ^ à Paris, le 29 avril 1743, vers les six heures du soir, en son appartement situé 16 (( rue et faubourg Saint-Honoré ^ ». Les « saignées pansements et opérations » du sieur Dario, chirurgien, ne purent rendre la vigueur à une constitution épviisée par quatre-vingt cinq années d'existence.
Déjà, en 1740, l'abbé avait été obligé d'aller prendre les eaux