Ouvrages de politique et de morale, t. XIV, p
2. « L'abbé de Saint- Pierre est mourant. Il relève d"ime troisième apoplexie, mais sans grande espérance d'aller loin. » (Lettre de d'Olivet le 30 mars 1742).
3. Scellé après le décès de Messire Charles -I ré née de Castel de Saint- Pierre, ahhé de Tiron. Etude de Abraham Desnoyers (Archives nationales, Y 15172).
à Bourbon : « J'ai été attaqué mardi d'une paralysie de la langue, écrivait-il quelque temps auparavant à Madame Dupin ^. J'en ai été soulagé par deux saignées, mais non guéri. Je prends des bouillons de vipère de l'ordonnance de monsieur Astruc. Je sortirai demain. Je vois avec plaisir, qu'apparemment je vous verrai encore avant de commencer l'autre vie. M. de Fontenelle qui sort d'ici, m'a dit que ma maladie a fait beaucoup dire de bien de moi, et à quelque chose malheur est bon. »
Du reste l'abbé avait toujours eu grand soin de sa santé. Dans ses observations sur la sobriété ^, il s'était élevé contre l'excès de nourriture qui « fait trop de sang » et, en vingt-cinq paragraphes, il en avait décrit les effets désastreux. Le manuscrit de Rouen nous donne d'intéressants détails sur son genre de vie : « Il se couchait ordinairement à huit heures et se levait à quatre ; il ne travaillait point l' après-dîner, il mangeait du pain et du beurre le matin sur les sept heures et buvait presque une chopine de vin et deux pintes d'eau ; ensuite il ne but que de l'eau le matin à son déjeuner. Il attribuait à ce régime l'exemption des maladies douloureuses de gravelle et de goutte, et croyait pouvoir se guérir de la plupart des maladies en mangeant très peu et en buvant beaucoup d'eau chaude quand il se sentait indisposé ^. »
« Les repas que je fais chez moi sont légers, écrivait-il le premier juillet 1698 à madame du Tort et ce qui est heureux c'est que la raison me le conseille en même temps que ma fortune me l'ordonne. Des mets simples et en petite quantité me font aisément sobre, et la sobriété me conserve l'appétit la meilleure de toutes les sauces. Cela fait que les repas que je fais ailleurs me semblent d'autant meilleurs qu'ils sont plus différents de mes repas domestiques. ))
L'abbé avait découvert tant d'avantages à son système, qu'il voulait le faire connaître autour de lui. Les médecins, disait-il, devraient peindre tous les maux qui viennent de l'excès de nourriture. Mais ils ne sont pas assez bons citoyens pour entreprendre