‹ L'abbé de Saint-PierreChapitre 89 sur 287 · Abrégé du Projet de Paix Perpétuelle. Ed. de 1738, p · texte numérisé non relu

Abrégé du Projet de Paix Perpétuelle. Ed. de 1738, p

l'abbé de SAlNT-riERRE POLITIQUE

articles — passera de génération en génération, de siècle en siècle et parmi toutes les nations avec éclat et avec les bénédictions dues aux pacificateurs de la terre, c'est-à-dire aux plus grands bienfaiteurs des hommes et aux princes les plus dignes des grands honneurs et des jdIus légitimes louanges ^. »

Au roi de France, l'abbé a consacré une partie du Projet en trois volumes, ce qui ne l'empêche pas d'insister de nouveau dans V Abrégé sur les douze avantages jjrincipaux que le monarque retirera de la signature de ces cinq articles : Grande augmentation du revenu ; Perfectionnement des arts, des collèges, du droit ; Sûreté de la maison royale, en un mot, magnifiques économies et perfectionnement de toutes les branches de l'administration. Sa conclusion mérite d'être citée : « Qui pourrait imaginer ou prévoir, dit-il ^, et par conséquent estimer les avantages que produira aux habitants d'Europe la société européenne, cinq cents ans après son établissement. Nous ne saurions j)révoir la centième partie de ces avantages, nous n'en voyons d'ici que les premières sources ; mais ce qui résultera de la combinaison infinie de ces premières sources, cela est hors de la portée de l'esprit humain, et qui sait si de plusieurs de ces combinaisons il ne naîtra pas de nouvelles sources de biens encore plus précieux que tous ceux que les hommes ont goûtés jusqu'ici ? »

Au roi d'Espagne^, il assure que les i^nglais, les cinq articles une fois signés, s'empresseront de lui restituer Gibraltar par la raison fort simple qu'ils n'auront plus besoin de flotte dans la Méditerranée pour protéger leur commerce. Au roi d'Angleterre il propose ses cinq articles comme un moyen infaillible de perpétuer sa famille sur le trône ; de même qu'il les propose au Parlement britannique comme le moyen le plus efficace d'arrêter les empiétements du roi ; car il voit dans ses cinq articles un remède à tous les maux. Les Vénitiens veulent-ils maintenir la domination de leur Sénat et de leur Conseil des Dix ? Qu'ils signent les cinq articles ! Les Hollandais veulent-ils n'avoir plus à redouter l'autorité du Staliouder ? Qu'ils signent les cinq articles ! Il n'est qu'un peuple qui ne doit pas éprouver

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