‹ L'abbé de Saint-PierreChapitre 97 sur 287 · Archives nationales R · texte numérisé non relu

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Pologne, et un mot du prince Eugène au comte de la Merci court le monde : « Tachez, mon cher comte, de battre le général français, avait dit le prince, car pour les soldats de cette nation, n'espérez-pas de les vaincre ^. » L'abbé enregistre ce fait, y ajoute quelques observations et imprime le tout sous le titre : Opinion du fameux prince Eugène sur la valeur des Français. Car, bien que guerrier, le vainqueur d'Oudenarde et de Malplaquet, était une de ses idoles. N'avait-il pas dit un jour beaucoup de bien de la Paix Perpétuelle ? L'auteur ne l'oubliait pas et il conservait précieusement l'extrait d'une lettre du duc de Richelieu à l'abbé de Saint-Rémy, son secrétaire, où on lisait ^ :

« Dites à l'abbé de Saint-Pierre que l'autre jour le prince Eugène me parla de lui-même, de son livre qu'il m'a dit avoir lu tout entier et recommencé plusieurs fois des endroits. Il en fait l'éloge et dit que si tous les princes étaient sages ils suivraient ce projet. Ce sont de ces systèmes qui ont trouvé grâce devant lui et véritablement le prince Eugène pense ce qu'il dit et soutient le projet de l'abbé. »

Restons sur cette bonne impression, bien que nous ne voulions pas garantir l'authenticité de l'anecdote.

Les .idées de l'abbé de Saint-Pierre sur la paix perpétuelle ont-elles pris racine et fructifié après sa mort ? C'est la question que nous avons à résoudre avant d'en finir avec le fameux traité. Sans vouloir exagérer l'influence de l'abbé de Saint-Pierre, il est permis d'y répondre affirmativement.

« La seconde moitié du xviii^ siècle — écrivait-on en 1870^ alors que la guerre franco-allemande donnait aux pacifistes une terrible leçon — ne fournit pas de successeurs aux avocats de la paix pèrpétuelle. Qu'étaient devenus les beaux projets de l'abbé de Saint-Pierre et de Rousseau ? Leurs disciples les mettaient en oubli, ou plutôt, de leurs livres ingénus dignes de l'âge d'or ils

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