Cf. Arthur Lévy. Napoléon pacifiste
est de ces rapprochements bizarres... Nous devons même ajouter qije, dans plusieurs autres circonstances, l'Empereur a emprunté au bon abbé de Saint-Pierre quelques-unes des idées qui lui étaient les plus chères. Nous le remarquerons du reste un peu plus loin ^.
Nous retrouverons encore l'influence de l'abbé si nous feuilletons les plans que nos pacifistes modernes élaborent, car ils basent eux aussi leurs systèmes sur la confédération européenne. « 'Ah ! le rapprochement franco-allemand, disait le professeur Fœrster après le comte Kamarrowsky 2, peut-être faudrat-il attendre, pour le voir s'effectuer, l'avènement de la fédération des EtatsrUnis d'Europe. Car c'est dans cette fusion des races de notre vieux monde que réside le secret de la paix universelle. Les Etats-Unis d'Europe, ce serait la formule libératrice qui concilie et accorde, sans léser en rien les droits de leur personnalité ethnique, des races autonomes ^. »
C'est qu'on est toujours à dresser des plans comme au temps de l'abbé de Saint-Pierre... Sans doute, ce serait calomnier notre époque de prétendre que les idées de justice et d'humanité n'ont pas fait un grand pas sur le terrain international. Le nombre est légion, non seulement des économistes, mais encore des hommes d'état qui en ont été les apôtres. La guerre est maintenant plus humaine ; la mer est devenue libre ; la traite des noirs est proscrite à l'égal d'un trafic déshonorant ; le principe de l'extradition des criminels est entré dans presque toutes les législations ; les étrangers trouvent en dehors de leur patrie plus d'égards et de sécurité. Bien plus, l'arbitrage a efïective-