‹ L'abbé Doherty [microforme]Chapitre 14 sur 28 · L. ; ce chemin est moins raide que l’ancien · texte numérisé non relu

L. ; ce chemin est moins raide que l’ancien

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ilest cépendant assez âpro, et les offets de Ia fatigue commencèrent à se fuire sentir, d’une manière visible, parmi MM. les Petits qui n'atteignirent le haut de la falaise que dix minutes après la première division. M. X., en ce voyant, se hâta d'ajouter un nouvel itom à son code de lois, et publia que nous aurions à diminuer la pression, afin de ralentir davantage la marche: ce qui se fit en effet, et si bien que nous mimes—horresco referens ! trois longues houres à parcourir le chemin qui nous restait à faire.

Il était une heure et dix minutes P. M., lorsque la queue de la colonne arriva sur le premier plateau qui fait face à l’île d'Orléans.

De cette position la vue s’étend au loin.

La croix plantée sur le roc au milieu du

lateau, est à 1663 pieds au-dessus du niveau e la mer; et, disons-le en passant, ce chiffre correspond exactement à la date de la fonda-

tion du Petit-Séminaire. Vous avez à vos “pieds la Grosse-Ile, l’ile-Aux-Beaux, l’île Ma-

dame, et l’île d'Orléans, dans toute son étendue; au nord, la côte de Beaupré, avec la succession de ses maisons blanches qui serpenteiit le long de la grève jusqu'à la ville de Champlain, dont on distingue les flèches par un temps, clair; au sud, vous voyez reluire les clochers de Beaumont, de Saint-

: Michel, de Saint-Valier, de Saint-Thomas, de Saint-Ignace, de l’Islet, de Saint-Roch, et ainsi

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de suite jusqu’à je ne sais plus quelle paroisse, où le ciel, se confondant avec les eaux du fleuve, termine le plus magnifique panorama qu'on puisse embrasser d'un seul coup-d’œil, peut-être dans tout le pays.

11 est entendu que nous ne pûmes admirer pleinement ce spectacle qu'après avoir pris part à un diner copieux, au bord du petit ruisseau qui glougloute dans un lit rocailleux, tout: près de la cime. Après le repas, ceux qui désiraient voir miroiter le lac Saint-Joachim, qui s’encadre derrière le, cap dans une fôrêt de sapins, se rendirent sur le second plateau; les autres demeurèrent sur le premier, où ils

s passèrent le temps à causer, à chanter, et à se remettre des fatigues de la montée.

A trois heures p. m., nous étions parfaitement reposés. M. X. nous démontra qu'en vertu du principe complexe de T'attraction,

{ill de la gravitation et du poids spécifique, la {ll descente serait moins pénible que l'ascension, | et nous permit, en conséquence, de partir au pas acceléré, nous imposant néanmoins, un arrêt au Pactole. Le point de ralliement général était fixé au Moulin, où toute la caravane devait se concentrer, pour delà pousser {ll ensemble sur le Petit Cap.

(l Tout cela se fit avec le nlus rare bonheur. Au bout de trois-quarts Tien. nous campions, pour un instant, au bord de la Friponne, et vingt-cinq minutes après, nous arrivions à

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Liesso, dans le même ordre que nous en étions partis, sans avoir eu à constator le moindre accident fâcheux dans tout le cours de la promenade.

Nous fraternisâmes immédiatement, pour me servir d’un terme de guerre, avec ceux de nos compagnons que nous avions laissés derrière nous, et nous bûmes à leur santé le doux lait que la prévoyance bienveillante de M, C. avait fait préparer pour notre retour. Bien entendu que tous avaient des épisodes à raconter : chacun avait été héros en quelque manière, et, comme cela se fait toujours en pareille circonstance, personne ne se faisait prier pour narrer 8es exploits.

Nous étions à causer ainsi gaîment, étendus sur l’herbette, lorsque la cloche nous annonça la bénédiction solennells du Saint.

Sacrement, par laquelle devaient se terminer dignement les réjouissances de ia journée.

Je n'entrerai pas dans le détail de toutes les beautés qui frappèrent nos regards en entrant dans la chapelle, car l'éloge, at-on dit, languit auprès de certaines œuvres, et, du reste, je n'ai plus qu'une page ct quart pour me rendre jusqu'à la ville. Qu'il me suffise donc de dire qu’elle était rayonnante de splendeur ; et que les fle”rs et la lumière se mariaient sur l’autel transformé en chapelle ardente, comme les sacristains de la

congrégation savent seuls les marier. M.T.

nous fit une courte allocution, pleine d’onction et de piété ; puis, il donna la bénédiction, pendant laquelle le chœur s’acquitta, avec | son bonheur accoutumé, de la partie mu- | sicale. Nous sortimes le cœur rempli de douces émotions, après avoir remercié le bon

Dieu des grâces dont il nous avait comblés jusqu'alors. ;

L'heure du départ était arrivée... 1

Quoi ! déjà !...… ]

Hélas oui ! le soleil était à son déclin, et pas un de nous n’avait la puissance de Josué 6 pour arrêter sa marche rapide. Donc, nous " plions tristement bagage. Nous partons; à nous sommcs partis.

Mr. X., toujours en tête, nous conduisit par la route Champlain, à travers les champs ensemencés, jusqu'à la demeure de M. Fortin, ‘pi de la Grande Ferme, que nous remerciâmes ll cordialement de la peine qu'il s'était donnée pl à nous préparer un délemuement sûr et commode.

Arrivés sur la grève, la berge fut de nouveau mise en réquisition. À chaque voyage, elle emportait au bateau entre soixante-dix à quatre-vingts sngers, qui partaient et arrivaient au milieu des hourrahs de ceux qui restaient sur le rivage, et qui ressemblaient,

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@ disait quelqu'un, aux grues d’'Homère sur les É. tion remparts d’Illion (1). à in, A sept heures nous levions l'ancre, et peu vec après nous gagnions, à toute pression de va- 14 mu- peur, le chenal du sud, dans lequel nous de sommes entrés au jour tombant.

bon La dernière page qui me reste ne suffira ‘4 blés certainement pas pour vous redire tous tes 4

charmes de la soirée que nous passâmes au retour. C’est pourquoi je livre à l’êre de la postérité le nom de M. N. En effet, si ce charmant chroniqueur avait commencé ses "1115 ‘“ Annales de 1867” seulement aux deux ee pages plus loin, j'aurais pu vous parler de Ia courtoisie ‘ des gens de l'Ile, ”” qui allumèrent sur plusieurs points élevés des feux de joie, | pour nous saluer au passage ; mais, comme (+4 vous le voyez, cette faveur m'est refusée. Je ‘24 vois bien qu'il en sera de même des accords L de musique instrumentale et vocale, entre- l mèêlés de discours, de récitations, de contes . (FA joyeux etc., qui firent résonner le salon d’ap- ‘A laudissements répétés, et changèrent les 4 Féates en minutes, jusqu’à notre arrivée au |“ quai, à ncuf heures et demie. 15 Mais ce qui formera surtout un sujet de |

regrot éternel, c’est qu'il me faudra taire x l’agréable surprise que M. l’économe ména- 1

É- . (1) Est-ce bien 1à qu’elles se tenaient ? Note de M. {8

Doherty. ‘15e

geait à toute la communauté, sous la forme d'une collation très-friande. Je suis donc réduit à dire que nous avons fait honneur au régal, que nous avons voté des remerciments à M. l’économe, et qu’à onze heures nous étions au lit.

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