‹ L'abbé Doherty [microforme]Chapitre 26 sur 28 · LES ZÉPHYRS · texte numérisé non relu

LES ZÉPHYRS

Hier matin, 24 juillet 1868, la chambre de M. B. est devenue le théâtre d’un assez grave accident. Deux petits zéphirs se poursuivaient eur le Petit-Cap: ils couraient, volaient, se NA autour de la chapelle, à travers

iesse, dans les chênes, dans la salle du billard, partout. C'était un jeu à se rompre le cou. Le plus agilé des deux, eten même temps le plus étourdi, devance son compagnon, tourne l’angle du château, et se jette dans lachambre de M. B., par la fenêtre entr'ouverte. Malheureusement le bassin, dans lequel M. B. fait ses ablutions matinales, se trouvait sur la tablette de la croisée. Le volet, poussé par: notre jeune vagabond, heurte le vaisseau, le pousse vers le bord, lui fait perdre son équilibre, et v'lan, il culbute. M. B. se lève en sursaut, prend une prise de tabac à la hâte, et s’élance pour prévenir là catastrophe ; mais il arrive tro tard : le bassin a touché le plancher, ét git épars, brisé en mille morceaux multiformes.

‘Cependant, le second zéphir arrive, et se pré-

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cipite à la poursuite de son compagnon. La tempête est dans la pièce. Les voilà qui frappent contre la cloison, décrochent un chapeau neuf, et le font rouler par terre ; les voilà sur la table qui font voler les papiers en tous

sens; les voilà sous le lit qui secouent les

couvertures. C’était un vrai sabbat.

Ce n’est pas tout. M. B., dès qu'il peut se remettre de sa première surprise, court à la port pour la fermer ; maïs son pied le tra-

it, il glisse et tombe. Au bruit de ce double choc, ses voisins accourent, et le trouvent baignant dans l’eau décolorée.

Les zéphirs s'étaient échappés. Il faut être zéphir, allez, pour se permettre de pareilles étourderies, |

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