Journal des principales affaires, lac. cit., p
La fréquentation d'étudiants ecclésiastiques, les sentiments de piété qu'excitait en lui l'étude des sciences théologiques, déterminèrent clans son âme de nouveaux desseins. Il se crut appelé de Dieu à le servir dans le clergé. Pourtant, la vie de clerc séculier ne lui agréait pas. Son amour de la science et le désir de travailler à son perfectionnement intellectuel, sans aucune sollicitude temporelle, l'inclinaient vers une congrégation religieuse.
On ne peut douter qae le P. Darot ait été tenu au courant des intentions et des hésitations de son ancien disciple. Comment la Compagnie de Jésus, d'ordinaire si empressée à garder ses plus brillants élèves, ne songea-t-elle pas à s'attacher le jeune théologien ? Le Journal d'Eusèbe Renaudot est muet sur ce point, et nous ne connaissons aucune confidence de l'abbé qui permette de résoudre la question. On peut toutefois hasarder une conjecture. Une de ses tantes, avons-nous dit, était morte, en 1656, religieuse à Port-Royal-des- Champs, et son oncle, Isaac Renaudot, était médecin ordinaire de Port-Royal de Paris ^ Or, on sait quels sentiments Port-Royal nourrissait envers les Jésuites ; et ces sentiments étaient partagés par toute la famille