‹ L'Abbé Eusèbe RenaudotChapitre 100 sur 138 · Guillaume Sirlet, humaniste célèbre · texte numérisé non relu

Guillaume Sirlet, humaniste célèbre

4. Guillaume de Linda ou Lindanus (1525-158S), savant belge, mort évêque de Gand.

Peu de temps auparavant, le fougueux bénédictin ligueur, Génébrard ', avait édité la première partie delà liturgie de saint Denis TAréopagite. En 1594, parut un recueil précieux, quoique très défectueux, le Missale chaldaicum^ à l'usage des Maronites ; il contenait le texte syriaque de quatorze ^ liturgies ou anaphorœ ^. Malheureusement les textes avaient subi de nombreuses interpolations, et il manquait une version latine qui les mît à la portée des théologiens.

Vers la même époque, on éditait la messe arménienne avec une version.

Peu après, vers 1600, le patriarche de Goa, Alexis de Menezes, primat des Indes orientales, faisait imprimer à Coïmbre la messe des Nestoriens du Malabar, mais profondément modifiée, conformément aux prescriptions du fameux synode de Diamper^.

En 1603, parut à Augsbourgla version de trois liturgies coptes, celles de saint Basile, de saint Grégoire et de saint Cyrille ; un vieil exemplaire de ces mêmes liturgies, en copte et en arabe, avait été trouvé, pendant ses

1. Gilbert Génébrard (1537-1597), bénédictin de Cluny, archevêque d'Aix, connu comme hébraisant.

2 On en trouvera plus loin lenumération, p. 191 et suiv.

3. Le terme grec anaphora désigne proprement l'offertoire du sacrifice eucharistique, mais 11 a pris dans la suite un sens plus large et désigne toute la 7))esse des fidèles, depuis le Sursum cor'da jusqu'au renvoi des assistants, c'est-à-dire la messe proprement dite. Le terme est passé avec ce sens dans les rites syriaques : melchite, jacobite, maronite, en copte et même en éthiopien. Voir Brightman, Eastem Liturrjies (Glossary, p. 5'i9).

4. Alexis de Menezes (1559-1617), portugais, patriarche de Goa on 1590, modifia suivant sa fantaisie et ses idées préconçues toute la liturgie dont se servaient les chrétiens du Malabar, dits Chrétiens de saint Thomas; il fit malheureusement brûler denombreux manuscrits liturgiques anciens... On peut lire le récit abrégé de ses efforts dans P. Le Brun, Explication des cérémonies de la Messe (172(), t. III, p. 40i et suiv., XP dissertation, art. VI). Une traduction française parut à Anvers en 1609 : La messe des Anciens chrétiens de Saint-Thomas, par de Glen.

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voyages, par Scaliger^, qui l'avait envoyé à Marc Welser ^ ; celui-ci Tadressa à son tour à Victor Scialach, au collège maronite de Rome, pour le faire traduire. Pendant qu'on travaillait à la traduction, on découvrit un second manuscrit plus complet, et la version latine en profita. Mais Renaudot nous dira plus tard que cette traduction ne mérite pas grande confiance, ayant été faite, non sur le copte, mais sur la version arabe plus ou moins littérale qui l'accompagnait.

Les publications qui suivirent furent orientées dans une autre direction : on s'occupa moins de la liturgie proprement dite ou de la messe que des rites d'ordination.

En 1643, Isaac Habert, qui devint bientôt évêque de Yabres, publiait, sous le titre de Liber Pontificalis^ grxce et latine cum notis, le Pontifical grec accompagné d'une traduction latine, œuvre de valeur, dit Renaudot, mais qui fut dépassée, lorsque Goar ^ publia, quatre ans après, son Euchologion sive Rituale Grœcorum^ avec une version latine. Renaudot regardait ce livre comme une œuvre presque définitive.

Nous avons déjà mentionné dans notre première partie le fameux livre de Jean Morin sur les ordinations'* :

La plupart des pièces liturgiques que nous venons d'énumérer trouvèrent place dans les tomes YI et XII de

\. Né en 1540, converti au protestantisme en 15G3, l'un des plus illustres philologues de France, mort en Hollande en 1G09.

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