‹ L'Abbé Eusèbe RenaudotChapitre 116 sur 138 · THÉORIES SUR CERTAINS POINTS DES LITURGIES · texte numérisé non relu

THÉORIES SUR CERTAINS POINTS DES LITURGIES

accompli, est-elle obtenue par la récitation des verha Chrisli? ne Test-elle qu'après l'épiclèse? les Orientaux ne s'en sont jamais préoccupés. Les discussions minutieuses des scolastiques sur le moment précis où s'accomplit la transsubstantiation et sur les paroles essentielles qui Topèrent, n'ont jamais excité chez eux le moindre mouvement de curiosité.

N'est-ce pas d'ailleurs une très ancienne discipline, commune aux Orientaux et aux Occidentaux, que, dans les prières sacramentelles, même après que le sacrement est un fait accompli, on continue parfois de prier comme s'il ne Tétait pas encore; les liturgies gallicane, gothique, mozarabe en fourniraient, dit Renaudot, quelques exemples ; il aurait pu y joindre la liturgie romaine '.

IV. — Après cet exposé des théories de Renaudot sur l'épiclèse, il est à peine besoin d'insister sur l'importance qu'il attache, au point de vuedogmatique, à Texclamation Sancla sanctis qui précède ou accompagne l'élévation de l'Eucharistie; cette élévation, la seule que Ton connaisse dans les liturgies orientales, se fait un peu avant la communion. Les prolestants ont eux-mêmes souligné cette importance dogmatique par les efforts qu'ils ont faits pour la nier. »

i. On n'a qu'à se reporter à ce qui précède et à ce qui suit l'épiclèse du canon romain, la prière Supplices te rogamus ; avant celle-ci les éléments sur lesquels ont été récites les verba Chrisli sont nommés hoslia... jianem sanclum... calicem saluds, et après elle on les nomme immédiatement sacrosanclum Filii lui corpus et santjuinem. Celle réflexion peul servir de réponse à l'affirmation de Wansleb, répétée par Le Brun [op. cit., t. II, p. 515) que les Copies n'altribuent la vertu consécratoire qu'aux paroles de l'épiclèse, car c'est après l'épiclèse seulement, dit-il, qu'ils donnent aux éléments le nom de corps et sang; de Jésus-Christ.

242 l'œuvre liturgique de renaudot

V. — Renaudot attire l'attention sur la preuve de la croyance à la présence réelle qu'on peut tirer du rite entier de la Communion, et, en premier lieu, de la profession de foi si expressive que Ton fait avant la communion, lorsque le célébrant ayant signé le pain dit : Corpus sanctmn et sanguis pretïosus, purus^ verus^ Jesu Christi Filii Dei Nostri^ Amen. Corpus et sanguis Emmanuelis Dei nostri, hoc est in rei veritate. Amen. Credo., credo., credo., elc. Cette profession de^'oi est d'une très haute antiquité; elle fut, à un certain moment, l'objet de longues discussions, en Egypte, avant d'être unanimement acceptée. Le rite suivant lequel on distribue la Communion prouve aussi que, dans la foi de ces peuples, Jésus-Christ est présent tout entier sous chacune des espèces eucharistiques, et qu'on a traité différemment dès les temps les plus anciens, le prêtre qui célèbre et la foule des simples fidèles qui communient.

Dans le rite copte, le célébrant, son prêtre assistant, le diacre assistant l'évéque, s'il est présent, communient suivant un mode spécial : on leur donne le pain consacré et ils prennent eux-mêmes le calice; aux autres prêtres et ecclésiastiques du premier ordre, distincts des précédents, le célébrant donne le pain consacré, et le diacre, qui tient le calice du précieux sang, quelques gouttes avec une cuiller ; aux ecclésiastiques du second ordre et aux laïcs, le diacre présente sur une cuiller une parcelle de pain consacré préalablement trempée dans le précieux sang.

Chez les Syriens Jacobites, les canons ecclésiastiques prescrivent de distribuer la communion en trempant au moins chaque parcelle dans le calice; mais si

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