Loc. cit., p
2. Né à Tripoli de Syrie en 1G87; fit ses études au collège des Maronites à Rome : archevêque de Tyr en 1717; commença en 1719 la publication de la Bibliolheea Orientalis; il mourut en 1768.
3. « Renaudotii, viri de litteris Orientalibus meritissimi » [Bibliotheca Orientalis, t. I, Prxfalio totius operis, fol. e, V).
OPINION DES CONTEMPORAINS 25i
Sur les questions qui n'intéressaient point l'histoire des Maronites, il n'hésitait pas à signaler l'opinion de Renaudot, conforme à la sienne. Ainsi, par exemple, contre Pocock, sur la question du nom, du titre et de l'institution du maphrian syrien ; sur la valeur douteuse de certaines ordinations des jacobites d'Antioche ; sur les diverses classes d'eutychéens ; sur la suppression temporaire de la confession chez les Coptes.
Mais il dut en coûter beaucoup à son amour-propre lorsqu'il se vit contraint de rétracter dans le second volume de sa Bibliotheca orientalis ce qu'il avait avancé dans le premier au sujet de l'orthodoxie du célèbre écrivain Jacques d'Edesse ; d'autant mieux qu'il avait appuyé son opinion sur le culte rendu de tout temps à cet évêque par l'Eglise maronite ^ Renaudot, contrairement à l'affirmation des écrivains maronites Stephanus Edenensis, Faustus Naironus, et d'autres qui, disait-il, «préfèrent leur patrie à la vérité», affirmait que Jacques d'Edesse était monophysite, et il en fournissait les preuves. Assemani, après avoir vivement contesté le bien-fondé des arguments de Renaudot, fut obligé de reconnaître son erreur en présence de textes qui ne laissaient aucun doute sur l'hostilité de Jacques au concile de Chalcédoine.
Joseph Aloysius Assemani^, neveu du précédent, cita parfois avec éloge l'opinion de Renaudot-^. Mais,
1. iiSyrieum non modo ul calholicum scriptorem, sedetiam ut sanction veneranlur : que titulo a Maronitis... passim celebratur. » [Bibliotheca Orientalis, t. I, 470 et suiv. ; cf. t. II, p. 337.)
2. Né en 1710, mort à Home en 1782; éditeur du Codex liturgicns Ecclesise universx.
3. Codex litui'gicus, t. III. Dissert, de Sacram. Confirm., p. xxvi, xxviit.
â52 L^ŒUVRE LITURGIQUE DE RENAUDOT
comme son oncle, il avait grand plaisir à le trouver en défaut, et ne manquait aucune occasion de réfuter avec amertume ce qu'il jugeait erroné dans les écrits du savant français. 11 en fut de même d'Etienne-Evode Assemani'. Ce dernier môme ne craignit pas de recourir à la calomnie 2.
En matière d'histoire, J.-S. Assemani prouve contre Renaudot que Maipherkat et Tagrit ne sont pas une seule et même ville ; il affirme la succession vraiment ininterrompue des patriarches jacobites d'Antioche ; il Taccuse d'avoir confondu ensemble deux homonymes séparés par un long espace de temps : Ebedjésu de Nisibe (-|-1318) et Ebedjésu, patriarche chaldéen qui vivait en 1554^ ; il prétend qu'à partir du seizième successeur d'Ignace P*" (878), tous les patriarches prennent ce nom d'Ignace '< ; il affirme que les translations d'évêques chez les Syriens Jacobites commencèrent bien avant le patriarche Élie (709-723), et cite comme preuve les noms de Sévère Bar Mashké et d'AthanaseSandalaia''; il démontre que ce ne fut pas Chosroès Anoschirwan, mais l'empereur Zenon qui ferma la fameuse école d'Edesse.
Sur les questions liturgiques, Assemani se montre
1. Autre neveu de Joseph Simon (1709-1782). Il édita les deux catalogues: Bibliothecse aposloUcse Vatican^ codicum mss. catalogits, et Bibliuthecx medicex Laurentianx et Palatinx codicum mss. cntalorjus.