‹ L'Abbé Eusèbe RenaudotChapitre 129 sur 138 · Cf. op. cit., t. II. p. 080; t. III, p. 427, 4Ô · texte numérisé non relu

Cf. op. cit., t. II. p. 080; t. III, p. 427, 4Ô

4. La rareté relative de l'édition jjrinceps. et le fait qu'elle a été réimprimée à Francfort en 1847, le montrent suffisamment.

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critique dansTétude des liturgies grecques ^ Renaudot, en effet, fut un novateur. Il eut assez de pénétration intellectuelle pour concevoir la notion d'un développement progressif des formules liturgiques, pour reconnaître dans la simplicité et la limpidité des prières une marque d'antiquité, pour se convaincre que les liturgies prétendues apostoliques, pas plus celle des Constitutions que celles de saint Jacques^ de saint Pierre ou d'autres, n'avaient les apôtres pour « auteurs », au sens moderne du mot. Et il eut assez d'indépendance de caractère pour dire nettement ce qu'il pensait. Le sens critique lui vint de sa connaissance étendue des langues orientales, qui lui dévoila, dans Tétude des manuscrits, les traces de remaniements successifs apportés aux formules considérées comme les plus anciennes. Dès lors, il sut se mettre en garde contre les affirmations des Grecs et des Orientaux, quand il s'agit de l'histoire des origines chrétiennes, en général, et plus encore lorsqu'il s'agit de leur propre histoire, qu'un amour-propre mal éclairé les porte à embellir de légendes peu conformes à la réalité historique.

Mais si la critique de Renaudot est de bon aloi dans les questions d'histoire, et tout spécialement dans celles qui concernent les annales des Maronites, il faut reconnaître qu'elle est beaucoup moins sagace quand elle s'exerce sur les textes. On reconnaît, en le lisant, qu'il a dépouillé les nombreux manuscrits qu'il avait pu rencontrer dans les bibliothèques du roi, de Colbert, du chancelier Séguier, etc., ou encore à Rome et à Flo-

1. «Qui primus criticiim acuinen chartis Graecorum liturgicis admovit, Renaudotius. » (H. -A. Daniel, Codex liiurgicus, t. IV, p. 25. Leipzig, 1853.)

rence, pendant son voyage en Italie, et qu'il en a collationné les variantes avec soin ; mais on se convainc malaisément qu'il ait toujours su reconnaître la meilleure leçon ou la plus ancienne et la plus authentique. La connaissance de la paléographie syriaque n'était sans doute pas assez avancée, à son époque, pour lui permettre ce travail.

Quoiqu'elle fût en avance sur son siècle, sa méthode n'était pas parfaite à ce point que ses résultats soient définitifs. Nous n'avons à envisager ici que ceux qui concernent les liturgies, leur nombre, leur authenticité, leur âge.

Renaudot n'est pas complet dans l'énumération des liturgies syriaques.

Assurément, il serait injuste de lui en faire un reproche, puisque son énuméralion est plus longue que toutes celles qu'on connaissait avant lui. Schulting, dans sa Bihliotheca ecclesiastica^ en avait mentionné quarante; Renaudot en publiait cinquante dans ses deux volumes. Des découvertes nombreuses, faites depuis moins d'un siècle, dans le domaine de la littérature syriaque, ont permis de grossir ce nombre. Bickel en mentionne soixante-cinq pour les Jacobites et Maronites seulement, et affirme que trois anaphores nestoriennes, celles de Barsauma, de Narsès et de Diodore de Tarse, sont complètement perdues ; il reste d'une autre anaphore un fragment qu'il a lui-même traduit d'après un manuscrit du British Muséum, et qui remonte au vi^ siècle ^. Enfin, si l'on en croit M. R. Duval, on

1. Conspectus rei Syrorum litterarise, p. G5-68, Munster, 1871, cf. p. G3 ; cf. aussi Briyktman, Eastern Liturg., p. 511.

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devrait ajouter à la liste nestorienne une liturgi(î composée au xi'' siècle par le patriarche Elie (1028-1049) ^

11 en est de môme pour les liturgies éthiopiennes ; nous en connaissons aujourd'hui quinze ^.

Mais il convient de se rappeler que le but do Renaudot était moins de donner un catalogue complet, ou une étude définitive des liturgies, que de produire un choix de documents comme pièces justificatives de la thèse soutenue dans la Pevpéluiié de la Foi^ sur la perpétuelle croyance des Eglises orientales à la vérité de la transsubstantiation et de la présence réelle.

L'un des plus grands mérites de Tabbé Renaudot liturgiste, fut, comme nous l'avons montré, de rejeter l'attribution des liturgies aux auteurs dont elles portent traditionnellement le nom, qu'il s'agisse soit de l'un des apôtres, de Jean l'Evangéliste, de Pierre, de Jacques; ou de l'un des hommes dits <( apostoliques », saint Marc, saint Clément, saint Ignace ; ou de l'un des pontifes qui ont vécu pendant les trois premiers siècles, comme saint Sixte et le prétendu Aréopagite. 11 ne paraît pas attacher une grande importance aux attributions faites à des auteurs orientaux plus récents. Il est vrai qu'une étude sérieuse ne pourra être entreprise sur ce point qu'après la publication toujours attendue des textes eux-mêmes. D'après ce que nous savons actuellement, l'attribution des liturgies nestoriennes est arbi-

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