Ibid
retenu à Paris par la rédaction de la Gazette^ se rendit '
au-devant de lui, jusqu'à Toussus, où l'on devait se ren- \
contrer. Eusèbe note sur son Journal l'heureux événe- \
ment. « L'onzième d'août 1G68, mon cher fils Eusèbe j
arriva à Toussu\ de Saumur, après avoir achevé son \
cours de théologie, sous le P. Perse dans le collège de i
Nostre-Dame-des-Ardilliers. Sa mère et toute la maison j
l'y furent attendre le jour précédent, veille de Saint- \ Laurent, pour le recevoir de la belle manière. Je l'attens
icy avec impatience '^. « \
Ce n'était pas simplement le désir de revoir sa famille ,
qui le ramenait à Paris ; il venait d'être nommé profes- j
seur de quatrième au célèbre collège de Juilly, et ses >
supérieurs l'avaient rappelé quelques semaines avant la ] rentrée des classes pour lui permettre de se mieux
délasser de ses éludes et peut-être de refaire une santé ;
compromise. La rentrée des classes eut lieu le l^"" oc- \
tobre, et Renaudot consignait aussitôt la nouvelle sur ;
son Journal. «11 a commencé le l*^"" jour d'octobre la ]
régence de la quatrième classe de la maison de l'Ora- \
toire de Juilly, où, enseignant les autres, il travaille for- ï
tement à se former dans la lecture des auteurs de |
1. Toussu, suivant l'orthographe du Joiunal, aujourd'hui Toussus-le- 'j
Noble, canton de Palaiseau (Seine-et-Oisc), était un domaine provenant de ;
a famille d'Aicqs. Renaudot, en plus de la part qu'il tenait de sa femme, '
avait, en 1659, acheté les deux parts de M. de Mérentais et de M"« d'Aicqs ■ ses beau-frère et belle-sœur. Le tout, y compris son bien propre et les
frais, revenait à 50.000 livres. Il l'affermait par acte du 11 novembre KUiO ,'
pour 1.(500 livres d'argent et « autres faisances » équivalant à 200 livres ^
environ. Mais le fief payait 900 livres de redevance au marquis de Sourdis, 'j
son suzerain. {Mémoires de la Société de VHisloire de Paris, t. IV, ■■
2. Journal, dans le Bullelin de la Société de l'Histoire de Paris, lac. cit., ']
l'oratoire 21
l'humanité, tant grecs que latins'. » Et, eu effet, la régence de la quatrième n'empêchait pas le jeune professeur de composer, à Toccasion, des poèmes, des compliments et d'autres œuvres de circonstance, tant en latin et en grec que dans les langues orientales dont il continuait Tétude avec ardeur. Poèmes ou compliments n'étaient pas de simples délassements d'un humaniste; ils avaient une utilité plus pratique; ils flattaient les protecteurs du jeune régent et lai en acquéraient de nouveaux ; ils devaient aider à l'avancement delà famille. Le père de l'oratorien ne s'en cachait pas ; pourquoi Taurait-il fait dans un document privé, destiné surtout à ses enfants? et s'il ne disait pas ouvertement ses intentions, on les peut deviner sans peine entre les lignes de son Journal.
Une de ces compositions était destinée à fêter la promotion au cardinalat du jeune ahbé de Bouillon, duc d'Albret et neveu de Turenne'-. L'avenir devait replacer en face l'un de l'autre, dans des circonstances bien différentes, le cardinal et son panégyriste. Aujourd'hui, tout était à la joie, et le crédit du jeune prince de l'Eglise en faisait un utile protecteur. L'abbé Renaudot fut des premiers à saluer le nouveau cardinal. « J'ai présenté, dit son père, vers le commen-