Duchesne, op. cit., p
ne croyons pas que l'on doive accepter les affirmations de Renaudot sur l'époque à laquelle remonte la célébration de la liturgie en langue copte. L'histoire de saint Antoine prouverait tout au plus, en admettant que le jeune paysan ne comprît pas le grec, que la lecture de l'Evangile se faisait aussi en copte ou était suivie d'un commentaire en langue copte.
Les adversaires de Renaudot ont fait à son œuvre liturgique un reproche général, reproduit par Saint-Martin dans l'article qu'il lui consacra dans la Biographie générale de Michaud : « Le désir, dit-il, de retrouver la pure doctrine catholique partout et dans tous les auteurs, même dans ceux dont les opinions sont le plus suspectes, l'entraîna trop loin, et lui fit traduire, d'une manière trop conforme à ses opinions, des expressions un peu ambiguës. »
La droiture de son caractère ne permet pas de supposer un seul instant que Renaudot ait intentionnellement mal interprété un texte quelconque. Qu'il ait commis involontairement quelques erreurs de traduction, nous ne pouvons y contredire. Il est vraisemblable qu'aucun savant n'oserait se flatter de traduire un ensemble de textes aussi étendu sans la moindre imperfection, ou sans laisser le moindre passage obscur dépourvu d'éclaircissement.
La question la plus épineuse sur laquelle Renaudot avait à exercer sa sagacité est incontestablement celle de Ve'piclèse ou invocation du Saint-Esprit. Elle est loin d'être résolue, même après toutes les études dont elle a été l'objet depuis lors. Sur ce point, on ne parlerait plus aujourd'hui comme Renaudot. On admet que les
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schismatiqucs ne croicnlla consécration opérée qu'après répiclèse, tandis que les catholiques la croient communément réalisée par les verha Christi. Mais une nouvelle explication proposée récemment par Dom Cagin ^ semble rentrer dans les vues de notre auteur. La voici, telle que la résume M. Paul Lejay^ : « 11 y a vraiment une opération distincte et particulière attribuée au Saint-Esprit dans cette partie du Canon ^. Le propre de la consécration, c'est d'avoir posé le mystère, l'élément divin du sacrifice, le principe de sanctification. Il reste à dispenser ce mystère suivant toutes les applications de culte et de sanctification auxquelles la messe doit pourvoir. La sanctification des membres fidèles du Christ et leur incorporation au mystère par la communion n'épuisent pas cette application ; il y a encore à réaliser extérieurement l'offrande de la victime, à consommer le sacrifice. Cette partie du Canon serait donc la part d'opération attribuée au Saint-Esprit... Tout cela d'ailleurs se succède suivant une progression historique évidente... L'Incarnation arrive ainsi à son rang, à sa date relative, puis l'institution de la Cène et la consécration du corps et du sang du Seigneur, le précepte donné aux Apôtres de perpétuer représentativement et effectivement ce qui s'est accompli sous leurs yeux, enfin la Résurrection, l'Ascension, la Pentecôte, le second avènement... Le principe de la rédemption... avait été institué le jour de la Passion, comme il est posé dans la