‹ L'Abbé Eusèbe RenaudotChapitre 25 sur 138 · Nécrologe des Appelans et Opposans, p · texte numérisé non relu

Nécrologe des Appelans et Opposans, p

il. On venait d'ailleurs de lui accorder une gratification, peut-être même une pension. Bernou lui écrivait, en date du 30 avril 1G84 : «Je croyais vous avoir félicité par ma précédente sur votre pension, car je la crois telle et non pas gratification. » {Papiers Renaudot, t. XLII, f. 113.)

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L'ancien protégé de Colbert, l'abbé Gallois \ fut nommé garde de la Bibliothèque du roi.

Quels qu'aient été les motifs du refus, l'abbé Renaudot s'en montra extrêmement peiné, au point que Bernou crut devoir lui représenter que ses plaintes immodérées le feraient soupçonner d'avarice. Mais ce coup aggrava les crises de mélancolie dont Renaudot souffrait d'ordinaire. Sa santé, compromise par des rhumes longs et douloureux, qui l'avaient incommodé une partie de l'année 1683, ne put supporter de telles secousses morales ; il tomba gravement malade. Il s'était laissé trop entraîner par ses pensées et son imagination, qui lui avaient « réprésenté le mal quatre fois plus grand qu'il n'était 2 ».

Nous devons ces détails à l'abbé Bernou.

A l'époque où Renaudot jouissait de la faveur de Colbert, ce ministre était tout-puissant. Il avait eu assez de crédit auprès de Louis XIV pour faire donner à son frère la succession de Pomponne convoitée par Louvois. La diplomatie française plaçait alors dans toutes les Cours des agents habiles, serviteurs à peine connus, qui pouvaient régler sans bruit les questions emmêlées, ou résoudre les conflits difficiles, sans appeler sur eux l'attention. M. Strowski a décrit, dans son livre sur Bossuet^, le rôle de ces abbés de Cour qui, n'étant point dans le ministère des âmes, avaient toute leur liberté et que, « tantôt l'archevêque de Paris, tantôt le

1. «Qui n'estimait que le grec», et qui ne cherchait, comme l'abbé Renaudot, qu'à faire valoir ses amis, si l'on en croit le médisant abbé de Longuerue.

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