Journal des Savans, 1721, p. 49 et suiv
par la profonde connaissance qu'il avait des langues orientales et par d'excellents ouvrages qu'il a donnés pour la défense de l'Église. » Le critique en donne l'analyse suivante : « On se propose de prouver que l'Eglise anglicane ne conserve plus la succession, ni l'ordination légitime que Jésus-Christ a laissée à ses apôtres et à leurs successeurs. » On commence, continue le Journal^ par mettre hors de doute la validité des ordinations faites sous Henri VIII : le défaut de pouvoir des évêques schismatiques rendant les ordinations illicites, non invalides, lien est autrement de celles qui furent faites sous Edouard VI avec le nouvel ordinale Celles-ci sont invalides et nulles : 1° parce qu'une forme inconnue à toute l'Eglise latine, ancienne et moderne, et dont il ne se trouve aucun vestige dans les Pontificaux de toutes les nations chrétiennes, ne peut être regardée comme légitime, d'autant plus que cette forme convient autant à l'ordination des prêtres qu'à celle des évêques : ce qui fut cause qu'au rétablissement de Charles II on ajouta à cette forme quelques paroles, pour en déterminer le sens à la prêtrise ou à l'épiscopat ; 2° parce que, sous le règne
1. Rien ne fut changé, sous Henri VIII, aux rites ecclésiastiques, en particulier à ceux de l'ordination; c'est après sa mort seulement que Craumcr fit approuver par le Parlement, et imposer au clergé le rempla- CvMuent du missel romain par « la Cène », et celui de l'ancien Pontifical par rO/v/mrtZ dit d'Edouard, publié en mars 1550, sous ce titre: The fomi iind maïuier of nidkinfj and consecraling Bisliojts, Priesls and Deacons. Cet ordinal subit quelques retouches sans importance à la nouvelle édition (jui parut en 1552. La mort d'Kdouord, en 1558, et l'avènement de la reine Marie, rétablit le catholicisme. Mais, dès 1559, Elisabeth rétablit lorrlinal d'Edouard, suivant l'édition de 1552, sauf de légères variantes. De nouvelles retouches assez importantes furent faites à l'édition de 1G62. On l)eut consulter sur tous ces détails l'ouvrage publié par MM. Denny et Lacey, sous le titre de De HierarcUia anglicana, dissertaiio opoloyetica, Londres 1895, in-8.
de Marie Tudor, le cardinal Pôle, avec ce qui restait d'évêques catholiques et de plus habiles théologiens... régla la réordination, s'ils la naéritaient, de ceux qui avaient été ordonnés suivant Tordinal d'Edouard VI. — Quant à la succession épiscopale en particulier, il est impossible de prouver qu'elle existe, parce que : l'^ On ne peut prouver que Barlow, consécrateur de Parker, lequel est la souche de tout l'épiscopat anglican, lut vraiment évoque : le procès-verbal de son ordination — ou au moins l'indication du fait — manque dans les registres de Cranmer; 2° parce que, à supposer que Barlow lut véritablement évêque, l'ordination qu'il fit de Parker était certainement nulle, ayant été faite selon le Pontifical d'Edouard YI, « et on ne peut disconvenir que la forme n'en soit entièrement défectueuse, car elle est conçue en ces paroles : Recevez le Saint-Esprit et souvenezvous de rallumer la grâce de Dieu qui est en vous par V imposition des mains ^ car Dieu ne nous a pas donné un esprit de crainte^ mais un esprit de puissance, d'amour et de sagesse. On ne trouvera jamais qu'aucune Eglise ait ordonné des évêques de cette manière, puisque celte forme convient autant à l'ordination des prêtres qu'à celle des évêques : ce qui fut cause qu'au rétablissement du roy Charles II on y ajouta quelques paroles, pour en déterminer le sens, à la prêtrise ou à l'épiscopat. Mais, comme ont remarqué très sagement les théologiens anglais catholiques, une forme inconnue à toute l'Eglise latine, ancienne et moderne, dont il ne se trouve aucun vestige dans les Pontificaux de toutes les nations chrétiennes, ne peut pas estre regardée comme légitime ^ »